Shrekking, cette tendance dating venue de TikTok qui pousse à sortir avec quelqu’un qui ne nous attire pas

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Le shrekking s’impose en 2026 comme l’une des tendances dating les plus déconcertantes du moment. Né sur TikTok, ce phénomène remet en cause une conviction que beaucoup considèrent comme fondamentale : l’attirance physique serait-elle vraiment indispensable pour construire une relation solide ?

Le shrekking, c’est quoi exactement ?

Le terme tire son nom de Shrek, l’ogre attachant de la saga Disney. L’idée est simple : renoncer à la recherche de l’attirance physique pour privilégier un partenaire protecteur, émotionnellement disponible et capable de bâtir une relation durable.

Aussi surprenant qu’il puisse paraître au premier abord, ce concept traduit une évolution plus profonde de notre rapport aux relations amoureuses. Pourtant, il ne surgit pas de nulle part. La Gen Z, élevée à l’ère des applications de rencontre et des situationships, semble remettre en question l’intensité comme critère central du couple.

Ainsi, la sécurité affective est devenue sexy. Une personne qui communique clairement ses intentions paraît désormais plus séduisante qu’une autre jugée insaisissable.

Une tendance née dans les arcanes de TikTok

Le phénomène s’est propagé à grande vitesse sur TikTok, où des milliers d’utilisateurs partagent leur expérience. De nombreux témoignages racontent comment une relation, au départ dépourvue d’étincelle, a évolué grâce à la stabilité émotionnelle d’un partenaire attentionné.

Par conséquent, ce que certains nomment le shrekking questionne directement nos priorités. L’attirance physique cède ici la place à des critères comme la gentillesse, la fiabilité et la clarté des intentions.

Charlotte York et Harry : la référence pop culture du shrekking

Certains voient une forme précoce de cette tendance dans la série culte des années 90 Sex and the City. Charlotte York, interprétée par Kristin Davis, est à la recherche du mari idéal lorsqu’elle tombe amoureuse de son avocat de divorce Harry Goldenblatt.

Pourtant, Charlotte ne le trouve pas attirant. Pire encore, Harry lui fait honte.

« As-tu conscience de la chance que tu as d’être avec moi ? À quoi nous ressemblons ? Sais-tu ce que les gens pensent de nous lorsqu’ils nous voient ensemble ? »

Charlotte York se marie malgré tout avec lui, notamment pour la gentillesse dont il fait preuve à son égard. Ce qui nuance la situation à l’écran est la non-préméditation de cette union : Charlotte ne choisit pas son mari par défaut, mais en tombe réellement amoureuse, et ce, malgré elle.

Un scénario qui fait écho à la vie réelle

Ce couple fictif résonne avec une réalité que beaucoup reconnaissent. Ainsi, l’histoire de Charlotte et Harry illustre que l’attirance peut naître là où on ne l’attendait pas.

En revanche, la nuance est essentielle : dans Sex and the City, le sentiment amoureux n’est pas calculé. Il se construit naturellement, au fil du temps et de la découverte de l’autre.

  • Le shrekking valorise la disponibilité émotionnelle plutôt que l’apparence physique.
  • La Gen Z y voit une réponse aux désillusions des applications de rencontre.
  • Charlotte York et Harry Goldenblatt sont cités comme exemple pop culture de cette dynamique.
  • La sécurité affective est présente comme un nouveau critère de séduction.
  • Le phénomène a émergé et s’est diffusé principalement via TikTok.

Le shrekking divise : maturité émotionnelle ou calcul amoureux ?

Ce phénomène ne fait pas l’unanimité. D’un côté, certains y voient une preuve de maturité émotionnelle : choisir un partenaire stable plutôt que de courir après des relations toxiques mais palpitantes.

De l’autre, des voix s’élèvent pour pointer un risque réel. La tendance renforce certains standards esthétiques en insinuant qu’une personne jugée moins attirante offrirait nécessairement un meilleur traitement à son partenaire. À l’inverse, elle suggère aussi qu’une personne séduisante aurait forcément un mauvais comportement. Ce raisonnement hiérarchise la beauté et la transforme en monnaie d’échange au sein du couple.

De plus, cette logique risque de réduire la relation amoureuse à un calcul rationnel, loin de toute spontanéité. Le désir et la stabilité deviennent alors deux pôles opposés, alors qu’ils pourraient coexister.

La question que pose ce phénomène est pourtant légitime : dans un monde saturé de relations éphémères et de ghosting, n’est-il pas raisonnable de réévaluer ses critères ? Pourtant, le risque est de confondre compromis sain et renoncement à ses propres désirs.

S’estimer assez pour ne pas choisir par défaut

Le débat soulevé par le shrekking amène à une question plus profonde sur l’estime de soi. Chercher un partenaire qui attire sur tous les plans – physiquement, émotionnellement, intellectuellement – n’est pas une exigence irréaliste.

En revanche, ce droit à l’attraction globale suppose aussi de s’accorder la valeur nécessaire pour y prétendre. La véritable maturité émotionnelle serait peut-être là : s’estimer assez pour refuser de choisir entre désir et sécurité, et chercher les deux à la fois.

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