Décolleté, bras, mains, ventre : le plan d’action zone par zone des dermatos pour défroisser la peau du corps

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La peau qui se relâche sur le ventre, les bras qui semblent flétris, le décolleté froissé après l’été… Ces signaux discrets mais bien réels touchent beaucoup de femmes, pourtant ils restent souvent peu évoqués. Les rides du corps obéissent à des mécanismes différents de celles du visage, et les traitements adaptés varient selon la zone concernée. Voici ce que la médecine esthétique propose aujourd’hui, zone par zone.

Pourquoi la peau du corps se froisse avec le temps

Contrairement aux rides d’expression du visage, le relâchement cutané du corps résulte d’une perte progressive de collagène et d’élastine. La peau s’affine, perd sa densité, et finit par se froisser. Ce phénomène s’accentue avec la ménopause et la carence en œstrogènes.

D’autres facteurs accélèrent aussi ce processus. Une grossesse, une perte de poids importante, des régimes yo-yo ou des expositions répétées au soleil fragilisent la peau. Ainsi, certaines zones vieillissent bien plus vite que d’autres.

La bonne nouvelle, pourtant, c’est que la médecine esthétique propose des solutions ciblées. En redensifiant la peau, ces traitements peuvent améliorer son aspect de façon visible. Mieux vaut agir tôt, quand le potentiel de régénération est encore optimal.

Le décolleté : une zone à traiter avec précaution

Le décolleté vieillit plus vite que le reste du corps. La peau y est fine, pauvre en tissu graisseux, et souvent peu protégée des UV. Elle développe ainsi le fameux «plissé soleil», accentué par certaines positions de sommeil sur le côté.

Cette zone cicatrise moins bien, car elle est pauvre en follicules pilosébacés. Les techniques trop agressives peuvent laisser des marques, surtout sur les peaux foncées. Par conséquent, le choix du traitement doit être particulièrement réfléchi.

Trois options sont aujourd’hui disponibles. Des injections d’acide hyaluronique (skin boosters) ou d’un inducteur collagénique comme le Radiesse, pour un résultat sur douze à dix-huit mois et un coût entre 400 et 1 350 €. La radiofréquence microneedling (Morpheus 8, Potenza, Exion), à raison de deux à trois séances, entre 300 et 400 € la séance. Enfin, le laser froid UltraClear, plus adapté aux peaux sensibles, pour environ 1 200 € la séance, souvent unique.

«Je commence le traitement avec le mode « Ultra » pour booster collagène et élastine, puis je conclus par le mode « Clear » qui élimine les cellules de la couche cornée pour améliorer la texture cutanée et uniformiser la carnation.» – Dr Michael Swann, dermatologue aux États-Unis.

Bras, mains et ventre : des solutions adaptées à chaque zone

La face interne des bras est la première à accuser le vieillissement, souvent autour de la soixantaine. L’aspect flétri, dit «papier crépon», est particulièrement marqué chez les profils minces. En revanche, lorsqu’un excès de graisse s’y ajoute, on parle d’«ailes de chauve-souris», qui relèvent alors de la chirurgie.

Pour un relâchement modéré, des injections combinées sont proposées. Le Dr Michael Margulies, médecin esthétique, utilise un acide hyaluronique réticulé enrichi en hydroxyapatite de calcium, suivi d’un skin booster. Ces produits sont injectés en éventail du pli du coude jusqu’au creux de l’aisselle, pour un coût entre 500 et 900 €. Des fils tenseurs résorbables peuvent aussi être posés, entre 2 000 et 2 500 €, avec un effet qui peut se maintenir jusqu’à deux ans.

Si les bras sont potelés, il est préférable de traiter d’abord l’excédent graisseux. La cryolipolyse convient bien aux volumes modérés, sans aggraver le relâchement. Selon le Dr Jean-Michel Mazer, dermatologue, «on observe même une stimulation de la synthèse de collagène» avec cette technique.

  • Le décolleté nécessite des techniques douces, car la peau y cicatrise moins bien.
  • Les bras se traitent par injections combinées ou fils tenseurs, selon le degré de relâchement.
  • Les mains trahissent l’âge par la perte de volume : l’acide hyaluronique reste la meilleure option.
  • Le ventre froissé autour du nombril peut être amélioré par le Profhilo Body ou un inducteur collagénique comme le Lanluma.
  • Les genoux et cuisses nécessitent une approche prudente : au-delà d’un pli supérieur à 1,5 cm, la chirurgie devient souvent nécessaire.

Les mains sont l’une des zones qui trahissent le plus l’âge. La perte de tissu graisseux laisse apparaître veines et tendons. Des injections d’acide hyaluronique en deux étapes – d’abord un produit réticulé, puis un skin booster en nappage – permettent de restaurer volume et texture, pour entre 700 et 800 €. Un laser ou un peeling peut aussi être associé pour atténuer les taches.

Pour le ventre, le relâchement se concentre surtout autour du nombril. Le Profhilo Body, injecté en dix points dans le derme profond, agit comme un remodelant dermique. Deux séances espacées d’un mois suffisent, pour environ 800 €. Une autre option est le Lanluma, inducteur collagénique adapté aux larges zones, avec des résultats durables jusqu’à deux ans et un coût entre 2 000 et 4 000 € selon la surface. En cas de plissé moyen à sévère, l’Endolift introduit une fibre laser à 1 470 nanomètres dans la graisse sous-cutanée, à une température contrôlée de 52 °C, pour environ 1 800 €, à renouveler tous les deux à trois ans.

Cuisses et genoux : des zones complexes à aborder avec réalisme

La face interne des cuisses est la plus touchée par le relâchement cutané. La Dre Laurence Benouaiche, chirurgienne plasticienne, est claire : au-delà d’un pli supérieur à 1,5 cm, la chirurgie devient nécessaire. Pour les cas modérés, la radiofréquence sous-cutanée (type Endo D.A.S) délivre une chaleur entre 42 et 52 °C, avec des premiers effets visibles dès la sixième semaine, pour environ 1 200 €.

Les genoux sont, de leur côté, une zone particulièrement délicate. Le Dr Mazer confie d’ailleurs : «Cette zone est complexe. Je ne pousse jamais les patientes car les résultats peuvent être décevants.» Pour un fin plissé, la radiofréquence microneedling peut être tentée, à raison d’au moins trois séances entre 300 et 400 € chacune. Les techniques endo-cutanées comme l’Endolift permettent, en revanche, une rétraction plus marquée pour les plis prononcés, entre 1 000 et 1 200 €.

Face aux rides du corps, la médecine esthétique offre ainsi des réponses de plus en plus ciblées. Pourtant, chaque zone a ses limites, et la prudence reste de mise. Agir tôt, choisir le bon praticien et adapter le traitement à sa morphologie sont les trois clés d’un résultat satisfaisant sur les rides du corps.

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