UFC-Que Choisir teste les crèmes solaires vendues sur Temu et Shein : un indice de protection tombé à 2 et un perturbateur endocrinien détecté
Chaque été, des milliers de Français glissent un tube de protection solaire dans leur panier sans se douter que le produit qu’ils ont choisi pourrait leur jouer un mauvais tour. En 2026, l’UFC-Que Choisir a publié les résultats d’une enquête sur des crèmes solaires achetées sur des plateformes de e-commerce à bas prix, et les conclusions méritent vraiment qu’on s’y arrête.
Un faux sentiment de sécurité face aux rayons UV
Imaginez : vous appliquez consciencieusement votre protection solaire sur votre peau, vous pensez être à l’abri, et pourtant votre peau reste largement exposée aux rayons UV. C’est exactement le scénario que révèle l’enquête de l’UFC-Que Choisir. Plusieurs crèmes solaires testées affichaient un indice de protection sur l’emballage qui ne correspondait pas du tout à la réalité mesurée en laboratoire.
Ainsi, certains produits ont obtenu des résultats proprement sidérants lors des analyses. L’association a mesuré des indices bien inférieurs à ceux promis, avec un écart qui va bien au-delà d’une simple imprécision.
« Un dérisoire indice de protection de 2, voire moins ! Du jamais vu depuis que nous menons des tests de crèmes solaires. »
Par conséquent, une personne qui se croit protégée à SPF 30 ou SPF 50 peut en réalité bronzer sans aucun filtre efficace. Ce type de tromperie est particulièrement grave en été, quand toute la famille s’expose au soleil de façon prolongée.
Ce que les analyses en laboratoire ont mis au jour
Pour mener son enquête, l’UFC-Que Choisir a acheté plusieurs références de crème solaire sur Temu, Shein et AliExpress, avant de les confier à un laboratoire. Les résultats ont mis en évidence deux types de problèmes distincts, aussi préoccupants l’un que l’autre.
D’abord, trois produits contenaient un ingrédient interdit. L’association précise qu’il s’agit d’un perturbateur endocrinien interagissant à la fois avec le système thyroïdien et avec les œstrogènes. Ensuite, plusieurs autres références affichaient un indice de protection très inférieur à celui indiqué sur le flacon.
- Des crèmes solaires achetées sur Temu, Shein et AliExpress ont été testées en laboratoire.
- Trois produits contenaient un ingrédient interdit, qualifié de perturbateur endocrinien.
- Ce perturbateur interagit avec le système thyroïdien et avec les œstrogènes.
- Certains produits affichaient un indice de protection sans rapport avec la réalité.
- L’UFC-Que Choisir a mesuré un indice de protection de 2, voire moins sur certaines références.
Pourquoi Temu, Shein et AliExpress posent un problème particulier
Ces plateformes ont conquis des millions de consommateurs français grâce à des prix très attractifs. On y achète des vêtements, de la décoration, des gadgets, et désormais aussi des produits de soin. Pourtant, acheter une coque de téléphone ou un vase à petit prix ne comporte pas les mêmes risques qu’acheter un produit appliqué quotidiennement sur la peau.
Car les crèmes solaires vendues sur ces plateformes ne sont pas soumises aux mêmes contrôles que celles disponibles en pharmacie ou en parapharmacie. Les produits vendus dans ces circuits répondent aux normes européennes et font l’objet de vérifications bien plus strictes. C’est donc une différence fondamentale que le prix affiché ne reflète pas.
De plus, le problème ne se limite pas à une mauvaise qualité de formule. Trouver un perturbateur endocrinien dans un produit censé protéger la peau, c’est un risque sanitaire réel, pas seulement une déception cosmétique.
Pharmacie et parapharmacie : des circuits qui restent les plus fiables
Face à ces constats, l’UFC-Que Choisir oriente clairement les consommateurs vers les pharmacies et les parapharmacies pour l’achat d’une crème solaire. Ces points de vente proposent des produits conformes aux normes européennes, avec des contrôles de qualité bien plus rigoureux que ce que l’on trouve sur les marketplaces à bas coût.
Certes, la tentation de réduire la note avant les vacances est réelle. Pourtant, quelques euros économisés sur un tube de crème solaire peuvent avoir un coût bien plus élevé si la peau reste sans protection réelle tout l’été. La différence de prix entre une protection achetée en pharmacie et un produit douteux acheté en ligne reste faible comparée aux enjeux de santé.
Comment bien choisir sa protection solaire cet été
L’enjeu, au fond, est simple : savoir exactement ce que l’on applique sur sa peau et sur celle de ses proches. Une crème solaire efficace doit protéger des UVA et des UVB, afficher un indice correspondant à la réalité et ne contenir aucun ingrédient interdit par la réglementation européenne. Ces critères de base ne peuvent pas être vérifiés par le consommateur à l’oeil nu.
Aussi, le réflexe le plus sage reste de se tourner vers des marques connues, disponibles en pharmacie ou en parapharmacie, dont les formules ont été vérifiées. Un produit moins cher peut paraître tentant, mais la vigilance s’impose dès lors qu’il s’agit d’un achat sur une plateforme étrangère sans contrôle européen identifié.
En revanche, cela ne signifie pas qu’il faille dépenser une fortune. Des crèmes solaires accessibles, testées et approuvées par des organismes indépendants comme l’UFC-Que Choisir, existent à des prix raisonnables dans les circuits traditionnels. Choisir l’un de ces produits, c’est s’assurer que l’indice affiché sur le flacon correspond bien à la protection que l’on reçoit vraiment sur la plage.
L’enquête publiée en juillet 2026 par l’UFC-Que Choisir rappelle que la crème solaire n’est pas un produit anodin. C’est un geste de santé quotidien en été, et il mérite qu’on lui accorde autant d’attention qu’au choix d’un médicament.