Loulou, Chez Georges, Le Pompon : les 15 tables où la Fashion Week haute couture se prolonge à Paris
Chaque saison, la Fashion Week haute couture transforme Paris en capitale mondiale de la création. Mais entre deux défilés, la ville offre une autre scène, tout aussi fascinante : celle des tables où l’énergie du moment se prolonge jusqu’au bout de la nuit. Pour la semaine haute couture automne-hiver 2026-2027, voici les 15 adresses qui font battre le cœur de cette parenthèse unique.
Des nouveaux venus qui redéfinissent la table parisienne
Certaines ouvertures récentes s’imposent d’emblée comme des rendez-vous incontournables de la Fashion Week. C’est le cas de Hando, le comptoir nippon installé rue Pierre-Charron, sur les Champs-Élysées. Adrien Albou y a confié les fourneaux à la cheffe Chiharu Takada, qui propose des handrolls en vedette : roll Kobe signature, gambas tempura, toro katsu ou salade de sole tempura, tous dressés sur le bar central sous les yeux des convives. Le décor, imaginé par le Studio Friedman & Versace, dialogue avec des kimonos chinés au Japon et des panneaux signés Bottega Veneta. Au plafond, une fresque de l’artiste japonais Shinsuke Kawahara, connu pour ses collaborations avec Hermès, installe son lapin Petit Usagi dans un univers abstrait et onirique.
Ojii s’inscrit aussi dans cette vague de nouveautés qui captivent les initiés. Olivier Leone et Arthur Cohen, déjà à l’origine d’Onii-San, ont transformé l’ancien bistrot de la rue Perronet en repaire nippon rive gauche. Le chef Yuji « Taku » Mikuriyet signe une carte raffinée : tofu frit coiffé d’œufs de truite, nouilles soba crémeuses au caviar, wagyu braisé. Le décor écarlate, imaginé avec Will McGrath, parachève l’expérience.
De son côté, Lotta s’est installé au 8 rue Jean-Jacques-Rousseau. Charlotte Bereaud – que sa mère salvadorienne surnommait affectueusement « Carlotta » – a confié le décor à l’architecte Juliette Rubel. Celle-ci s’est inspirée des halls milanais des années 1960 et 1970, notamment de ceux conçus par Luigi Caccia Dominioni, où pierre, bois, miroirs et métal dialoguent avec élégance. En cuisine, la brigade revisite les grands classiques avec audace et associations de saveurs inattendues.
Les tables de caractère qui font la réputation de la semaine couture
Pendant la Fashion Week, certains restaurants fonctionnent comme de véritables décors secondaires des coulisses de la mode. Loulou, posé entre la pyramide du Louvre et la place de la Concorde, en est l’exemple parfait. Le restaurant du Musée des Arts décoratifs propose une carte italienne ensoleillée qui transporte sur la Riviera transalpine, même en plein mois de juillet.
Sous les colonnes du Grand Palais, Le Grand Café attire chaque saison une faune d’esthètes. Le groupe Loulou, mené par Gilles Malafosse, Claire Malafosse et Benoît Dargère, y propose une cuisine française raffinée dans un cadre grandiose. De même, Saint Ambroeus perpétue son élégance milanaise importée rive droite. Institution new-yorkaise depuis 2003, l’adresse doit sa renommée à son atmosphère de café à l’italienne et à son menu gourmand.
Pour les dîners qui s’étirent, Lafayette’s offre une atmosphère de velours et de lumière tamisée, avec une cuisine néo-bourgeoise revisitée avec précision. Non loin de là, Kubaba propose une carte d’inspiration levantine dans un décor conçu par l’architecte Laleh Amir Assefi, qui dépeint un orientalisme libéré et assumé. Car cette adresse se vit comme un lieu de passage, de célébration et de partage.
- Loulou – entre la pyramide du Louvre et la place de la Concorde, carte italienne
- Le Grand Café – sous les colonnes du Grand Palais, cuisine française raffinée
- Saint Ambroeus – élégance milanaise rive droite, institution new-yorkaise depuis 2003
- Lafayette’s – velours, lumière tamisée, cuisine néo-bourgeoise
- Kubaba – carte levantine, décor signé Laleh Amir Assefi
Le bistrot parisien, valeur sûre de la Fashion Week haute couture
Certains lieux résistent au temps et aux tendances. Chez Georges cultive ainsi l’art du bistrot parisien sans folklore. Derrière sa devanture d’antan se cachent une atmosphère chaleureuse et une cuisine française parfaitement exécutée, où le temps semble s’être arrêté. Les fashion addicts y reviennent saison après saison, par réflexe autant que par plaisir.
La Petite Chaise, plus vieux restaurant de Paris, cultive de son côté le classicisme comme un art. Boiseries, nappes blanches et recettes patrimoniales composent une adresse hors du temps. En revanche, Le Cornichon joue la carte du bistrot contemporain avec spontanéité. On y vient pour une cuisine précise dans un cadre chaleureux et sans prétention, et il s’est ainsi imposé comme l’une des tables phares de la semaine couture.
Dans un registre proche, Billie – imaginé par César Gourdou et Nicolas Saltiel – fait résider le chic dans la simplicité. L’adresse rayonne comme un lieu de partage, à la fois élégant et chaleureux, avec une bande-son qui garde les convives éveillés jusqu’à l’aube.
Quand la nuit prend le dessus : les adresses qui durent jusqu’à l’aube
La Fashion Week ne s’arrête jamais vraiment à la fin du dîner. Certaines tables prolongent naturellement la soirée bien au-delà des assiettes. Le Pompon, sous les colonnes de l’ancienne Bourse de Paris, en est le meilleur exemple. L’adresse menée par Laurent de Gourcuff propose une carte généreuse tandis que les décibels montent crescendo. C’est donc une table où l’on dîne avant que la nuit ne prenne le dessus.
Coyote revendique, lui, une identité festive et inclusive. Ce salon queer est le lieu où les soirées s’étirent, des dîners entre amis où l’on vient autant pour l’énergie que pour la cuisine conviviale. Ces deux adresses incarnent, ainsi, deux manières différentes de terminer une journée de Fashion Week : l’une dans la fête assumée, l’autre dans l’exubérance nocturne.
La Brasserie L’Emil, au 55 rue Saint-Roch, au sein du Château Voltaire, offre quant à elle une version plus intimiste de la soirée mondaine. À deux pas de l’Opéra, ce fief de la mode, des artistes et des intellectuels orchestre une ode aux produits de saison et aux recettes indémodables. Paris, pendant la Fashion Week haute couture, ne se vit pas seulement sous les sunlights des podiums : il se savoure aussi, longuement, autour d’une table bien choisie.