New York impose aux coiffeurs de maîtriser tous les types de cheveux dès septembre
Entrer dans un salon et se voir refuser une coupe ou recevoir un service bâclé à cause de la texture de ses cheveux : cette réalité, de nombreux New-Yorkais l’ont vécue. Désormais, une nouvelle loi change la donne pour les coiffeurs de l’État de New York, en les obligeant à maîtriser tous les types de chevelure avant d’obtenir leur licence.
Ce que la loi impose concrètement aux coiffeurs de New York
Depuis le 1er septembre, tout étudiant en cosmétologie ou en coiffure naturelle dans l’État de New York doit recevoir une formation couvrant l’ensemble du spectre capillaire, des cheveux les plus frisés aux plus lisses. Cette obligation s’applique aussi bien aux programmes de cosmétologie classique qu’aux cursus spécialisés dans le coiffage naturel.
Le contenu pédagogique va au-delà du simple geste technique. Les futurs professionnels doivent apprendre les propriétés du cheveu et du cuir chevelu, les soins adaptés aux cheveux texturés, ainsi que les techniques de coiffage spécifiques à ces types de chevelure. En d’autres termes, la formation ne se limite plus à quelques types de cheveux jugés « standard » : elle embrasse toute la diversité capillaire.
Par ailleurs, les étudiants devront prouver leur maîtrise lors des examens de licence délivrés par l’État. Ce point est essentiel : la compétence ne sera pas seulement enseignée, elle sera évaluée et certifiée. Le nombre total d’heures nécessaires pour obtenir la licence, lui, reste inchangé.
Une réforme pensée pour ne pas alourdir les coûts ni les programmes
L’un des arguments centraux portés par l’assemblée membre Michaelle Solages, à l’origine de cette loi, est que la réforme s’intègre dans les cursus existants sans générer de dépenses supplémentaires. Les nouvelles matières s’insèrent dans les heures déjà prévues, ce qui signifie que ni les écoles ni les étudiants ne supportent de charge financière additionnelle.
Les établissements de formation n’ont pas été pris de court : la loi, signée par la gouverneure Kathy Hochul en 2023, leur a accordé trois ans pour adapter leurs programmes et se mettre en conformité. Ce délai a permis aux écoles de préparer les outils pédagogiques appropriés et de former leurs formateurs en conséquence.
Solages a résumé l’enjeu en des termes clairs : aucun New-Yorkais ne devrait se voir refuser un service ou recevoir une prestation de moindre qualité en raison de la texture de ses cheveux. La loi traduit cet objectif en obligation professionnelle concrète pour les coiffeurs en formation.
Les points clés de la nouvelle formation capillaire
- Formation obligatoire sur tous les types de cheveux, du plus frisé au plus lisse
- Enseignement des propriétés du cheveu et du cuir chevelu
- Apprentissage des techniques de soin et de coiffage adaptées aux cheveux texturés
- Évaluation de ces compétences lors des examens de licence d’État
- Aucune augmentation du nombre d’heures requis pour la licence
New York s’inscrit dans un mouvement plus large
L’État de New York n’est pas seul à avoir franchi ce pas. En janvier, le New Jersey a adopté une législation similaire, élargissant à son tour la formation sur les cheveux texturés. La loi du New Jersey prévoit que les étudiants reçoivent un enseignement dédié aux cheveux texturés, intègre les cheveux bouclés dans les épreuves écrites et pratiques des examens de licence, et exige que les écoles disposent des outils de formation adéquats.
Ces deux États montrent ainsi une même volonté : faire évoluer les standards de la profession pour que les coiffeurs soient réellement préparés à accueillir tous leurs clients, quelle que soit leur chevelure. Pour les consommateurs concernés, cela représente une avancée concrète vers un accès équitable aux services de coiffure.
Pour les professionnels déjà en activité, cette réforme rappelle aussi que la diversité capillaire n’est pas une spécialité optionnelle mais une compétence fondamentale. Les futurs coiffeurs formés sous ce nouveau cadre entreront sur le marché du travail avec un socle de savoir-faire plus large, au bénéfice direct de leur clientèle.