Issey Miyake et Camper drapent le pied dans une seule pièce de cuir
Une seule pièce de cuir, aucune structure rigide, et deux maisons qui partagent chacune cinquante ans d’histoire : la collaboration entre Issey Miyake et Camper s’enrichit de nouveaux coloris pour le Peu Form, et l’objet mérite qu’on s’y attarde.
Un principe de couture transposé au soulier
Chez Issey Miyake, tout part d’un geste fondateur : envelopper le corps dans une seule pièce de tissu, sans multiplier les découpes ni les assemblages. C’est cette philosophie que Satoshi Kondo, designer à l’origine du projet, a cherché à traduire en chaussure. Le résultat, c’est un soulier où une unique pièce de cuir se drapée autour du pied, épousant sa forme sans jamais l’emprisonner dans une construction rigide.
Le passage du tissu au cuir n’est pas anodin. Là où le vêtement enveloppe un corps en mouvement, la chaussure doit aussi répondre à la marche, au sol, au poids. Pourtant, le principe tient : pas d’armature, pas de contrefort, juste le matériau qui accompagne. C’est précisément ce que la maison japonaise défend depuis ses débuts dans le vêtement, et ce que cette collaboration rend lisible autrement.
Camper, le Peu, et une étymologie qui dit tout
Le nom Peu Form n’est pas une invention pour l’occasion. Il dérive du modèle Peu, l’une des lignes les plus ancrées du catalogue de Camper, dont le nom vient du majorquin et signifie simplement pied. Ce choix lexical résume bien l’approche de la marque espagnole : aller à l’essentiel, nommer les choses pour ce qu’elles sont.
Le geste en deux temps
Ce qui distingue le Peu Form dans l’usage quotidien, c’est sa double lecture. On peut le porter comme un soulier classique, talon maintenu, chaussure fermée. On peut aussi rabattre la partie arrière sous le pied et le transformer instantanément en mule.
Ce geste d’une seconde change complètement le rapport à l’objet. La chaussure ne s’adapte pas à une occasion particulière : elle s’adapte à une humeur, à un moment de la journée, à l’envie de simplicité ou de maintien. C’est une forme de polyvalence qui ne doit rien à un mécanisme ou à une fermeture technique, mais uniquement à la souplesse du cuir et à l’absence de structure contraignante.
Pour Issey Miyake, dont le travail a toujours questionné la relation entre le vêtement et le corps, cette liberté de port résonne avec quelque chose de plus profond qu’une simple option de style.
De nouveaux coloris pour un modèle déjà posé
L’annonce de 2026 ne porte pas sur un nouveau modèle. La collaboration entre Issey Miyake et Camper a été lancée en 2025, et c’est bien le Peu Form qui revient ici, enrichi de nouveaux coloris. C’est un signe de maturité pour cette coopération : le modèle n’a pas besoin d’être repensé, il s’élargit.
Proposer de nouvelles teintes sur une forme déjà établie, c’est aussi une manière de confirmer que le Peu Form n’était pas une expérience isolée. Deux maisons qui chacune revendiquent un demi-siècle de pratique ne s’engagent pas dans une collaboration pour une seule saison. Les coloris inédits prolongent l’objet dans le temps, et invitent ceux qui avaient hésité à s’y pencher à nouveau, différemment.
Source : la publication de Issey Miyake sur Instagram