Céline Dion porte Givenchy en cuir, denim et tailoring

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Quand Céline Dion enfile un blazer en grain de poudre noir par-dessus un manteau à chevrons, quelque chose se recadre dans l’image que l’on avait de Givenchy. Ce n’est plus seulement la maison de l’élégance aristocratique et du chic discret : c’est un vestiaire qui assume la tension, le frottement entre la rigueur d’un tailleur et l’inattendu d’un cuir ou d’un denim.

Trois looks, une seule logique de contraste

Le premier ensemble dit beaucoup de la direction que prend Sarah Burton depuis sa nomination au poste de directrice artistique des collections féminines et masculines de Givenchy, en septembre 2024. Un manteau en laine à chevrons, porté sur un blazer double boutonnage en grain de poudre noir et un pantalon assorti à double pli : la superposition est dense, construite, presque austère. Pourtant, l’accumulation ne pèse pas. Elle structure.

Le deuxième look brise ce registre sans l’abandonner. Une chemise en cuir denim bleu, portée à l’envers, vient coiffer une jupe en cuir plissée marine, serrée à la taille par une ceinture cerceau noire. Le retournement de la chemise n’est pas un détail anodin : c’est un geste délibéré, qui signale que la maison cherche désormais ses effets dans la façon d’habiller, autant que dans la pièce elle-même.

Céline Dion porte Givenchy en cuir, denim et tailoring

Le troisième ensemble est peut-être le plus révélateur de toutes les ambitions en cours. Une veste peplum Pinch en satin duchesse noir, dont le volume de basque tranche avec la rectitude d’un jean droit. Le satin sculte, le denim ancre. Entre les deux, rien n’est laissé au hasard.

Ce que le choix de Céline Dion dit de la maison

Choisir Céline Dion comme égérie n’est pas un geste neutre. C’est une personnalité dont la présence visuelle est forte, reconnue, et dont l’histoire avec la mode est publiquement documentée. Confier à cette figure des looks aussi tranchés, aussi peu consensuels dans leur assemblage, indique que Givenchy sous Burton ne cherche pas à adoucir son propos.

La maison fondée par Hubert de Givenchy au début des années 1950 a toujours cultivé un certain art du paradoxe : le chic décontracté, l’élégance qui ne se prend pas trop au sérieux. Ce que Burton réinjecte aujourd’hui, c’est ce même goût du décalage, transposé dans des matières que l’on n’attendait pas forcément ensemble : laine structurée, cuir travaillé, satin de couture, denim brut.

Céline Dion porte Givenchy en cuir, denim et tailoring

Les accessoires choisis pour compléter ces silhouettes suivent la même logique de clarté affirmée. Les boucles d’oreilles Sculpt, les lunettes Givenchy Bold et les escarpins pointus noirs ne viennent pas atténuer les looks : ils les prolongent, avec la même économie de moyens et la même précision dans le choix des formes.

Burton, un an après : ce que les silhouettes révèlent

Nommée en septembre 2024, Sarah Burton dispose désormais d’un recul suffisant pour que ses choix prennent forme et cohérence. Ces trois silhouettes portées par Céline Dion donnent à voir une grammaire en cours de construction : le tailoring comme fondation, les matières inattendues comme perturbation, et la silhouette finale comme réconciliation entre les deux.

Ce qui frappe dans cette séquence, c’est l’absence de facilité. Aucun de ces looks ne repose sur une recette éprouvée. Le cuir porté à l’envers, la veste peplum sur le denim, le double empilage de manteau et de blazer : chaque tenue demande quelque chose au regard, et au corps qui la porte. C’est précisément ce que Givenchy semble vouloir revendiquer aujourd’hui, loin des formules et des valeurs sûres. La maison prend le risque du contraste, et elle le prend franchement.

Source : la publication de Givenchy sur Instagram

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