Rome et Milan vues par Bvlgari, deux hôtels deux âmes
Deux villes, deux hôtels, une seule maison : Bulgari donne la parole à ses architectes et à l’un de ses dirigeants pour expliquer comment Rome et Milan ont façonné deux expériences radicalement différentes sous le même nom. Ce que révèle cette double lecture dépasse la seule question du décor.
Rome comme matière première
Le Bvlgari Hotel Roma ne cherche pas à s’abstraire de la ville qui l’entoure. Selon les architectes Antonio Citterio et Patricia Viel, co-fondateurs du cabinet ACPV Architects, l’établissement romain s’est construit autour d’un dialogue direct avec Rome, ce lieu où histoire, culture et vie contemporaine coexistent sans hiérarchie. L’hôtel ne reconstitue pas une atmosphère, il s’inscrit dans une continuité vivante.
Ce parti pris a des conséquences concrètes sur la façon dont l’architecture, les matériaux et le travail artisanal ont été mobilisés. Citterio et Viel présentent ces trois éléments comme les vecteurs d’un lien réel entre un établissement et sa ville d’accueil. À Rome, ce lien passe par la ville elle-même, prise comme interlocutrice, non comme toile de fond.
C’est précisément ce qui distingue l’approche romaine de celle adoptée à Milan. Là où Rome s’ouvre, Milan se referme, délibérément, sur elle-même.
Milan, ou l’art de l’intérieur
Le Bvlgari Hotel Milano est né d’une intention différente, presque opposée. La vision fondatrice de cet établissement repose sur l’idée d’une résidence privée intime, un espace soustrait à l’agitation urbaine tout en restant connecté à l’énergie de Milan. Cette tension entre retrait et présence dans la ville est, selon les mots du vice-président exécutif du groupe Bvlgari, Silvio Ursini, le cœur même du projet.
L’hôtel milanais occupe une place particulière dans l’histoire de la maison : il constitue le point de départ de l’aventure Bulgari Hotels & Resorts. Ce n’est donc pas simplement un établissement parmi d’autres. C’est l’endroit où la maison a formulé, pour la première fois, ce que pouvait signifier l’hospitalité à la hauteur de ses ambitions dans le luxe diversifié.
Qualifié d’oasis au cœur de Milan, le Bvlgari Hotel Milano ne prétend pas effacer la ville. Il propose plutôt une forme de distance choisie, un repli qui n’est pas une fuite, mais une façon de mieux se retrouver au contact de ce que Milan a de plus vivant.
Le rôle de l’architecture dans cette double identité
Ce que l’on retient du regard croisé de Citterio, Viel et Ursini, c’est la conviction que l’architecture n’est pas un habillage. Pour Bulgari, elle est le moyen par lequel une maison née à Rome en 1884 et devenue un acteur mondial du luxe, de la haute joaillerie aux parfums en passant par les montres, traduit une identité dans l’espace habité.
Les matériaux choisis et le recours au savoir-faire artisanal ne sont pas présentés comme des choix décoratifs. Ils fonctionnent, dans la philosophie des deux hôtels italiens, comme des marqueurs d’appartenance à un lieu précis. Ce que les architectes ont construit à Rome n’aurait pas de sens à Milan, et inversement. C’est cette spécificité qui donne à chaque établissement sa cohérence.
Au-delà de l’hôtellerie, cette approche illustre plus largement ce que Bulgari cherche à incarner depuis que la maison a élargi son périmètre bien au-delà de la joaillerie. L’engagement dans des domaines aussi différents que l’hôtellerie de luxe et la philanthropie, jusqu’à la création de la Fondazione Bvlgari annoncée en 2024, dessine le portrait d’une maison qui mesure ce qu’elle emprunte aux villes et aux territoires qui l’ont construite. Ses deux hôtels italiens en sont, peut-être, la traduction la plus lisible.
Source : la publication de Bulgari sur Instagram