Prada fait de la jupe le coeur de sa collection femme 2027
Une seule pièce pour tout repenser : Prada place la jupe au centre de sa collection féminine printemps-été 2027, signée Miuccia Prada et Raf Simons, et en fait le moteur d’une réflexion sur ce que l’on choisit de mettre autour d’elle. Ce n’est pas un détail stylistique, c’est une proposition de fond sur la façon dont un vestiaire se construit.
La jupe seule, et tout change
La collection s’intitule The Skirt. Le titre est direct, presque brutal dans sa simplicité. Il dit l’essentiel : la jupe n’est pas ici un élément parmi d’autres, elle est le point de départ, la pièce à partir de laquelle tout le reste se décide.
Ce que Prada propose, c’est de considérer la jupe comme un fragment. Non pas une moitié d’ensemble, non pas une pièce qui appelle sa propre complétion selon un code préétabli, mais un élément dissocié, capable d’exister seul et de changer de sens selon ce qu’on lui associe. C’est une façon de déplacer la question : on ne demande plus « qu’est-ce qui va avec cette jupe ? », on demande « qu’est-ce que cette jupe devient si je change ce qui l’accompagne ? »
C’est un geste intellectuel autant que vestimentaire. Et c’est précisément ce type de geste que la maison a toujours cultivé, depuis que Miuccia Prada a orienté la marque vers le prêt-à-porter à la fin des années 1980.

Des combinaisons comme autant de silhouettes distinctes
La collection explore concrètement plusieurs associations : la jupe portée avec un pull, avec une chemise, ou encore avec un bra top. Ces trois propositions ne sont pas des variantes d’un même look. Chacune produit une lecture différente de la silhouette, une intention différente, presque une identité différente.
Avec un pull, la jupe s’installe dans un registre quotidien, presque décontracté, où le volume du haut dialogue avec la ligne du bas. Avec une chemise, la rigueur s’invite, le rapport entre structure et fluidité se reconfigure. Avec un bra top, la jupe prend une autre dimension, plus affirmée, plus exposée, où la peau devient elle-même un élément de la composition.
Ce que Prada documente à travers ces combinaisons, c’est l’idée qu’une pièce n’a pas de sens fixe. Son sens se construit à chaque fois qu’on s’habille, selon les choix que l’on fait autour d’elle.

Un vestiaire pensé comme un système ouvert
Ce qui rend cette approche pertinente pour qui la portera, c’est qu’elle déplace la logique d’achat et d’usage. Une jupe conçue comme un fragment autonome n’impose pas un ensemble. Elle invite à travailler avec ce que l’on possède déjà, à réinterroger des pièces existantes à travers elle.
Dans cette logique, la collection The Skirt ne se referme pas sur elle-même. Elle s’ouvre sur un vestiaire à géométrie variable, où la même jupe peut traverser des contextes très différents selon l’humeur, l’occasion, le choix du moment. C’est une proposition qui donne à la pièce une durée de vie mentale bien plus longue qu’un ensemble coordonné.
Pour Prada, la démarche est aussi une façon de concentrer l’attention sur l’objet lui-même plutôt que sur la tenue complète. Quand une maison nomme sa collection d’après une seule pièce, elle affirme que cette pièce mérite d’être regardée, choisie et portée avec une intention précise.

Miuccia Prada et Raf Simons : un geste à deux voix
Cette collection est le fruit du travail conjoint de Miuccia Prada et de Raf Simons. Leur collaboration à la direction artistique de la maison produit régulièrement des collections qui posent une question plutôt qu’elles n’apportent des réponses toutes faites. The Skirt s’inscrit dans cette continuité : c’est une collection qui réclame une participation active de celle qui la porte.
La jupe y est moins un vêtement qu’un outil de composition. Ce que les deux créateurs proposent pour le printemps-été 2027, c’est finalement une invitation à penser l’acte de s’habiller comme un acte de choix délibéré, pièce par pièce, association par association. Une saison qui commence par une seule pièce, mais qui ouvre sur bien davantage.
Source : la publication de Prada sur Instagram