Jocelyn Herland et Anthony Di Prospero reprennent le Plaza Athénée
Au Plaza Athénée, le restaurant gastronomique change de visage. Deux chefs, Jocelyn Herland et Anthony Di Prospero, en prennent conjointement la direction, instaurant d’emblée un mode de fonctionnement peu commun dans le monde de la haute table : celui du collectif assumé.
Une direction à deux têtes, un choix délibéré
Confier les rênes d’un restaurant gastronomique à deux chefs simultanément, c’est rarement la voie choisie par les grandes maisons. Le Plaza Athénée opte pourtant pour cette organisation, en plaçant Jocelyn Herland et Anthony Di Prospero sur un pied d’égalité à la tête des cuisines. Ce n’est pas un intérim, ni une transition : c’est une direction bicéphale revendiquée comme telle, dès le départ.
Cette configuration dit quelque chose sur la philosophie que les deux chefs souhaitent porter. Plutôt que la figure solitaire du grand cuisinier, c’est le travail collectif qui structure leur approche. Le projet est pensé à deux, les décisions se prennent ensemble, et cette dynamique est présentée non pas comme une contrainte mais comme le moteur même du nouveau chapitre qui s’ouvre.
Préserver sans figer, renouveler sans rompre
La question qui se pose naturellement, face à toute reprise d’une table installée, est celle de l’équilibre entre continuité et renouveau. Herland et Di Prospero l’ont visiblement posée avant même d’entrer en cuisine. Leur ambition déclarée consiste à préserver l’identité du restaurant, tout en lui apportant ce qu’ils appellent un nouvel élan.
Ce double objectif n’a rien d’anodin. Il suppose une lecture précise de ce qui fait la substance du lieu, sans pour autant s’y enfermer. Les deux chefs ne cherchent pas à effacer ce qui existait avant eux. Ils cherchent, au contraire, à s’en emparer pour le faire évoluer, sans rupture brutale mais avec une intention claire de transformation.
C’est précisément là que le tandem prend tout son sens. Deux regards valent mieux qu’un pour naviguer entre héritage et mouvement, surtout quand les deux regards acceptent de travailler en convergence plutôt qu’en opposition.
Ce que le convive va vivre à table
Au-delà de l’organisation interne, ce sont les dîners eux-mêmes que cette nouvelle direction entend transformer. Le Plaza Athénée promet aux convives une expérience pensée comme un parcours, rythmé par des surprises et des découvertes qui se succèdent au fil du repas.
Ce mot de « parcours » mérite qu’on s’y arrête. Il ne s’agit pas d’un menu que l’on choisit et que l’on consomme. Il s’agit d’une progression, d’un dîner qui se déploie avec une logique propre, où chaque moment amène le suivant de manière inattendue. L’effet de surprise n’est pas un artifice : il est intégré à la structure même de l’expérience.
Pour les habitués du restaurant gastronomique du Plaza Athénée, cela signifie que la table qu’ils connaissaient ne sera plus tout à fait la même. Pour ceux qui ne l’ont pas encore fréquentée, c’est une invitation à découvrir un lieu en pleine redéfinition, à un moment où sa dynamique se réinvente.
Un nouveau chapitre, pas une page blanche
Ce que cette direction bicéphale révèle, en creux, c’est une certaine idée de la gastronomie de haut niveau : moins verticale, plus dialoguée, attentive autant à ce qu’elle construit qu’à ce qu’elle reçoit en héritage. Le Plaza Athénée n’efface pas ce que le restaurant a été. Il choisit d’en faire le point de départ d’autre chose, avec deux chefs pour tracer ensemble la direction.
Source : la publication de Plaza Athénée sur Instagram