Michaël Arnoult sacré Chef de l’Année 2026 six mois après sa troisième étoile Michelin
Quand un chef fait de son terroir une langue personnelle, la reconnaissance finit par suivre. Michaël Arnoult vient d’en apporter la preuve éclatante en décrochant le titre de Chef de l’Année 2026, décerné par le magazine Le Chef lors de la 40ᵉ édition de ses Trophées.
Un vote de pairs qui pèse lourd
Le Trophée des Chefs n’est pas un prix ordinaire. Lancé en 1987, il repose sur un scrutin par bulletin secret et anonyme, réservé aux seuls chefs référencés au Guide Michelin France.
Ce sont donc des professionnels – et non un jury extérieur – qui désignent le meilleur d’entre eux. Dès lors, l’élection de Michaël Arnoult prend une dimension particulière.
Obtenir l’estime de ses pairs dans un métier aussi exigeant dit davantage qu’un seul trophée. Cela signifie que la cuisine pratiquée aux Morainières convainc d’abord ceux qui savent exactement ce que cuisiner représente.
L’année précédente, la récompense avait distingué Hugo Roellinger, chef du restaurant Le Coquillage près de Cancale. Lui aussi avait décroché une troisième étoile Michelin dans l’année de son titre.
On note ainsi une cohérence dans les choix du vote. Depuis deux éditions consécutives, le trophée couronne des chefs qui viennent tout juste d’atteindre le sommet du Guide Michelin.
Michaël Arnoult et l’avant-pays savoyard comme territoire d’écriture
Tout commence en 2005, quand Ingrid et Michaël Arnoult choisissent de s’installer en Savoie. À 25 ans, le couple reprend une ancienne bâtisse dominant les terres viticoles de Jongieux.
Ce choix géographique n’est pas anodin. L’avant-pays savoyard, ses paysages, ses producteurs locaux, sa pêche et le rythme des saisons deviennent aussitôt la matière première d’une cuisine qu’ils veulent ancrée dans un seul endroit.
Le chef lui-même résume cette ambition dans une formule directe. Apprendre à bien cuisiner, dit-il, s’acquiert. Construire une cuisine qui n’existe qu’à un seul endroit, c’est là le vrai métier.
Cette philosophie s’incarne dans chaque assiette servie au restaurant Les Morainières, situé au 1400 route de Marestel, 73170 Jongieux. On s’y attable dans un lieu qui surplombe les vignes, avec le sentiment que le paysage est aussi dans le verre que dans l’assiette.
Trois étoiles en vingt ans d’une trajectoire au long cours
La première reconnaissance arrive dès 2007, deux ans seulement après l’ouverture. Les Morainières obtiennent leur première étoile Michelin, preuve que la démarche convainc rapidement.
En 2012, une deuxième étoile vient confirmer la constance du projet. Car ici, rien n’est construit sur l’effet de mode ou le spectacle.
C’est en mars 2026 que la troisième étoile tombe, consacrant plus de deux décennies de travail. Le Guide Michelin salue alors une cuisine d’auteur précise et personnelle, nourrie par les saisons savoyardes.
Ces trois jalons résument bien la méthode du chef. Ni précipitation ni raccourci, mais une progression construite année après année, à l’écart des grandes capitales gastronomiques.
Michaël Arnoult, un double sacre en une seule année
Obtenir une troisième étoile Michelin en mars, puis le titre de Chef de l’Année en septembre de la même année, cela représente un enchaînement rare. Michaël Arnoult concentre en 2026 deux formes de reconnaissance qui mesurent des choses différentes.
Le Guide Michelin jauge la régularité, la précision technique et la singularité d’une table. Le Trophée des Chefs mesure, lui, l’estime que l’on inspire à ceux qui pratiquent le même métier.
- Ouverture des Morainières à Jongieux en 2005, à 25 ans
- Première étoile Michelin obtenue dès 2007
- Deuxième étoile Michelin en 2012
- Troisième étoile Michelin en mars 2026
- Titre de Chef de l’Année décerné par le magazine Le Chef en septembre 2026
Par ailleurs, cette double consécration met en lumière un modèle peu commun dans la gastronomie française. Le chef a construit sa réputation loin de Paris, en Savoie, sans quitter son territoire d’origine.
C’est finalement la question que pose ce parcours au lecteur gastronome. Peut-on atteindre le sommet de la gastronomie française en restant fidèle à un seul lieu, à un seul paysage, à une seule saison qui revient ? Les Morainières répondent que oui, et le font depuis vingt ans.