Nigo puise dans l’ADN de Kenzo pour sa collection automne-hiver 2026
Deux matières, une ambition : avec sa collection automne-hiver 2026, Nigo pose pour Kenzo un geste aussi lisible que délibéré, celui de remonter aux sources sans pour autant s’y noyer.
Ce que la collection dit de la méthode Nigo
Depuis sa nomination à la direction artistique de Kenzo en septembre 2021, Nigo construit sa vision par strates, en interrogeant ce que la maison a été avant de proposer ce qu’elle pourrait devenir. Cette collection automne-hiver 2026 est, à ce titre, particulièrement révélatrice. Elle ne rompt pas avec l’héritage de Kenzo Takada : elle l’ouvre, elle l’interroge, elle le fait parler autrement.
Le résultat n’est pas un exercice d’archiviste. C’est une relecture, au sens plein du terme : reprendre un texte connu, en changer le rythme, en révéler des passages que la première lecture n’avait pas mis en lumière. Ce travail sur la mémoire de la maison donne à cette collection une cohérence qui dépasse le simple hommage.

Les motifs géométriques, fil conducteur venu du fondateur
Parmi les éléments que Kenzo Takada avait rendus reconnaissables dès les premières années de la maison, fondée à Paris en 1970, les motifs géométriques occupent une place centrale. Nigo les réintroduit dans cette collection avec une précision qui témoigne d’une vraie connaissance du corpus originel.
Ces formes, répétées, structurées, parfois asymétriques dans leur agencement sur le vêtement, portent en elles quelque chose de la philosophie qui a toujours animé Kenzo : une mode qui ne craint pas la couleur, qui assume la profusion visuelle comme un langage en soi. En les réactivant en 2026, Nigo ne les muséifie pas. Il leur redonne une fonction dans un vestiaire contemporain, ce qui est un exercice autrement plus difficile.
Ce choix révèle aussi quelque chose de la méthode du directeur artistique : plutôt que d’effacer les codes fondateurs pour imposer un territoire entièrement nouveau, il préfère les transformer de l’intérieur. C’est précisément ce que Kenzo Takada faisait lui-même, en brassant influences et cultures sans jamais en hiérarchiser une seule.
Le denim japonais comme deuxième langage
L’autre fil conducteur de la collection est le denim japonais, matière à la fois technique et chargée de sens. Pour Nigo, qui a consacré une part importante de sa trajectoire à explorer les cultures du vêtement japonais, ce choix n’a rien d’arbitraire. Il rejoint directement les racines de Kenzo Takada, lui-même formé au Japon avant de s’installer à Paris.
Le denim japonais, reconnaissable à sa densité, à la profondeur de sa teinte et à la façon dont il évolue avec le temps et l’usage, introduit dans cette collection une dimension sensible que les motifs géométriques, eux, ne pourraient pas seuls transmettre. Là où les imprimés parlent à l’œil, le denim parle au corps. Il vieillit, il prend la forme de celui qui le porte, il raconte une durée.
Cette dualité entre le visuel et le tactile structure la collection de façon cohérente. D’un côté, la géométrie et la couleur, héritées du vocabulaire de Kenzo Takada. De l’autre, une matière qui ancre le vêtement dans une réalité concrète, quotidienne, presque intime. Les deux registres coexistent sans se contredire.
Où trouver la collection
La collection automne-hiver 2026 de Kenzo est disponible en boutiques et sur Kenzo.com. C’est là que la conversation entre passé et présent que Nigo a engagée peut se prolonger, pièce après pièce, dans les mains de ceux qui choisiront de s’en emparer.
Source : la publication de Kenzo sur Instagram