Jonathan Anderson signe son premier défilé femme pour Dior

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Quand une maison comme Dior confie sa création féminine à un nouveau directeur artistique, chaque détail du premier défilé devient une déclaration. Avec la collection Summer 2027, Jonathan Anderson signe son entrée dans la maison, et le résultat engage une lecture attentive de ce qu’il choisit d’affirmer, dès le premier geste.

Un premier défilé pensé comme un processus

Ce qui frappe d’emblée dans la ligne éditoriale retenue pour ce show, c’est le mot choisi pour le définir : un processus d’élaboration qui se déploie dans le temps. Pas une rupture, pas un manifeste tonitruant, mais une démarche. Anderson semble vouloir montrer la collection en train de se construire, plutôt que d’en livrer une version achevée et close sur elle-même.

Ce choix dit quelque chose de la manière dont le designer aborde l’exercice. Plutôt que d’affirmer une vision d’un seul coup, il préfère ouvrir une conversation avec l’héritage de la maison normande, dont Christian Dior écrivait lui-même qu’il fallait « faire les choses avec passion ». Ce mot de processus, assumé comme axe éditorial, est en lui-même une prise de position.

Une équipe composée avec soin

Pour construire ce premier défilé, Anderson s’est entouré d’une équipe dont chaque poste a visiblement fait l’objet d’un choix délibéré. Benjamin Bruno assure le stylisme, Guido Palau prend en charge les coiffures et Peter Philips signe le maquillage. Ces deux derniers noms représentent, dans leurs disciplines respectives, une forme de précision technique qui correspond à un niveau d’exigence élevé.

Le casting revient à Ashley Brokaw, dont le travail influence directement ce que le vêtement raconte sur les corps qui le portent. La musique est composée par Damien Quintard, la conception lumière confiée à Philippe Cerceau, et la direction du mouvement assurée par MJ Harper. Autant de partitions distinctes qui, mises ensemble, définissent l’atmosphère générale du show.

La production est prise en charge par le Bureau Betak, dont la présence garantit une architecture de défilé pensée dans ses moindres détails scénographiques.

Ce que cette nomination change pour Dior

Avant même d’entrer dans le détail des pièces, l’arrivée d’Anderson à la tête de la création féminine de Dior constitue l’événement le plus commenté de la saison. Il reprend les rênes d’un vestiaire féminin dont la maison a toujours voulu qu’il incarne une certaine idée de la féminité, héritée de son fondateur.

Or, le contexte de la maison est précis : Christian Dior, avant de devenir couturier, était passé par la galerie d’art, puis par l’apprentissage du modélisme auprès de Robert Piguet, puis par le stylisme chez Lucien Lelong. Ce parcours de formation, fait de strates successives, résonne étrangement avec la ligne éditoriale choisie par Anderson pour cette première collection, celle d’un travail qui se construit dans la durée.

La veste Bar, pièce dévoilée lors du tout premier défilé de Christian Dior le 12 février 1947, reste la référence historique de la maison. Elle se réinvente à chaque saison sans disparaître. Ce rapport à la continuité, que Dior cultive depuis ses origines, Anderson semble vouloir l’habiter à sa manière plutôt que le contourner.

Une saison à observer sur la durée

Ce premier show ne se réduit pas à un jugement immédiat. C’est précisément ce qu’Anderson semble vouloir éviter, en définissant son défilé comme un processus et non comme un résultat. Pour Dior, cette collection Summer 2027 marque le début d’un chapitre dont les contours se dessineront sur plusieurs saisons.

Ce que l’équipe réunie autour du directeur artistique permet d’anticiper, c’est une collection construite avec un soin apporté à chaque détail, du mouvement des corps sur le podium jusqu’à la lumière qui les enveloppe. Que le propos d’Anderson tienne sur la longueur, c’est ce que les prochaines saisons permettront de mesurer.

Source : la publication de Dior sur Instagram

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