La ACE-T1 de Lacoste sculpte le filet de tennis en sneaker
Une chaussure peut raconter un sport autrement qu’avec un logo ou une couleur. Avec l’ACE-T1, Lacoste choisit la structure elle-même comme langage : la cage qui enserre le pied reprend la géométrie du filet de tennis, tendu entre force et vitesse. C’est cette idée, portée par la directrice créative Pelagia Kolotouros, qui donne à cette sneaker sa singularité formelle au sein de la collection printemps-été 2027.
Une architecture pensée comme un geste sportif
Le point de départ de l’ACE-T1 n’est pas une semelle ou un coloris : c’est une tension. Celle du filet de tennis, sous pression à chaque échange, dont la trame régulière traduit à la fois la résistance et le dynamisme. Kolotouros a choisi de faire de cette image une structure tridimensionnelle, moulée directement dans la construction de la chaussure.
Le résultat prend la forme d’une cage sculptée qui ne se contente pas d’habiller l’avant du pied. Elle court jusqu’au talon, enveloppant l’ensemble du pied dans un même mouvement continu. Ce prolongement vers l’arrière change le rapport visuel à la sneaker : la chaussure ne distingue plus avant et arrière, elle se lit comme un bloc architectural cohérent.

C’est précisément cette cohérence qui fait la force du projet. La cage n’est pas un ornement rapporté sur une silhouette existante. Elle est la silhouette. Chaque nervure, chaque croisement de la structure évoque la maille du filet sans la copier, traduisant dans le volume ce que le court exprime dans le mouvement.
Ce que la cage dit du pied qui la porte
Porter une chaussure à cage, c’est accepter que la structure soit visible. L’ACE-T1 ne dissimule rien de sa construction : au contraire, elle l’expose. Pour qui chausse cette sneaker, le design devient une déclaration, presque un commentaire sur la manière dont le sport influence la mode.
Cette logique correspond à un geste créatif net de la part de Lacoste : assumer l’héritage du court non pas comme décor, mais comme vocabulaire formel. Le filet n’est plus une référence nostalgique. Il devient un principe de fabrication, une grille de lecture pour penser la matière et le volume.

La cage qui s’étend jusqu’au talon renforce aussi le rapport entre la chaussure et le corps. Le pied est contenu, presque cerclé, sans que la sensation d’enfermement ne domine l’impression générale. C’est là que le travail de conception prend tout son sens : rendre lisible une tension sans la rendre pesante.
Pelagia Kolotouros et la direction d’une collection
Pelagia Kolotouros signe cette pièce dans le cadre de sa direction créative chez Lacoste. L’ACE-T1 illustre une manière de travailler le patrimoine sportif de la maison par l’angle du design d’objet plutôt que par celui du vestiaire classique. La sneaker devient ici un terrain d’expérimentation formelle à part entière.
Ce choix de traiter la chaussure comme une pièce de design sculptural, et non comme un accessoire coordonné à une tenue, dit quelque chose sur la direction que prend cette collection. Lacoste ne réédite pas, ne cite pas : la marque construit un objet qui a sa propre logique interne, ancrée dans le court mais pensée pour exister hors de lui.

Pour la saison printemps-été 2027, l’ACE-T1 représente ainsi bien plus qu’une nouvelle référence dans le catalogue de Lacoste. C’est une proposition sur ce que peut être une sneaker lorsqu’elle prend le sport au sérieux, non pas comme source d’inspiration vague, mais comme matériau de conception rigoureux, travaillé jusqu’au dernier millimètre de la cage.
Source : la publication de Lacoste sur Instagram