Armani et Kith dans le désert d’Agafay pour Dreams of the Dune

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Dans le désert d’Agafay, à quelques kilomètres de Marrakech, le sable et la pierre ont servi d’écrin à une rencontre inattendue entre Giorgio Armani et le label new-yorkais Kith.

Un dialogue entre deux maisons, posé au cœur du désert marocain

La collaboration porte un titre, Dreams of the Dune, qui dit déjà l’ambition du projet : capter quelque chose d’insaisissable, la lumière rasante, les ocres changeants, la rudesse silencieuse du désert d’Agafay. C’est dans ce cadre, loin des podiums traditionnels, que les deux maisons ont choisi de présenter leur travail commun.

Le choix du lieu n’est pas anodin. Giorgio Armani a construit sa réputation sur une élégance qui ne cherche pas à s’imposer. Confronter ce vestiaire à l’aridité du désert marocain, c’est tester sa résistance autant que sa pertinence. Ce que la collection révèle, c’est que la sobriété du tailoring tient très bien sous un ciel sans ombre.

Ce que la collection propose concrètement

Les silhouettes s’appuient sur des épaules adoucies et des pantalons larges, deux partis pris qui caractérisent l’approche déconstructée chère à Giorgio Armani depuis les origines de la maison. Ici, cette logique rencontre l’esthétique de Kith, label new-yorkais habitué à travailler les volumes et les superpositions.

La ligne mêle tailoring structuré, volumes fluides et textures portées en couches successives. Ce jeu de superpositions n’est pas seulement stylistique : il répond à l’idée d’un vêtement qui s’adapte, qui respire, qui absorbe l’environnement plutôt que de s’y opposer. Sur le plan des matières, la collection fait appel au cuir, au daim, au shearling et au cachemire, quatre matériaux dont la densité contraste avec la légèreté visuelle des silhouettes.

La palette chromatique, quant à elle, puise directement dans les teintes du désert : sables chauds, terres brûlées, gris pierreux. Pas d’éclat, pas de contraste violent. Giorgio Armani a toujours privilégié les nuances qui se fondent plutôt qu’elles ne s’imposent, et cette collection ne déroge pas à cette logique.

Ce que cette collaboration dit de Giorgio Armani aujourd’hui

La maison Giorgio Armani a traversé plusieurs décennies en redéfinissant ce que l’élégance contemporaine pouvait signifier, notamment à travers ses silhouettes déstructurées pour femmes et hommes. S’associer à Kith, label ancré dans la culture new-yorkaise, représente un geste d’ouverture vers d’autres codes, d’autres publics, sans rupture de ton.

Ce qui rend cette collaboration intéressante, ce n’est pas le seul nom accolé à un autre. C’est la cohérence entre les deux esthétiques : Kith travaille depuis longtemps les volumes généreux et les superpositions, un langage que Giorgio Armani pratique avec une précision différente, plus ancienne, plus formelle dans ses racines. Dreams of the Dune teste jusqu’où ces deux approches peuvent se rejoindre sans que l’une efface l’autre.

Le cuir et le shearling portés dans un décor minéral, les pantalons larges qui bougent dans le vent du désert, le cachemire que l’on imagine lourd et doux au toucher : ces matières ne sont pas choisies par hasard pour un tel cadre. Elles renvoient à une forme de luxe discret, celui qui ne s’affiche pas mais qui se ressent au contact de la peau. C’est peut-être là le vrai terrain commun entre Giorgio Armani et Kith, une certaine manière de traiter le vêtement comme une expérience avant d’être une déclaration.

Source : la publication de Giorgio Armani sur Instagram

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