Louis Vuitton et Chanel en tête des marques de luxe les plus contrefaites selon le rapport Entrupy 2026

ParisSelect - Louis Vuitton et Chanel en tête des marques de luxe les plus contrefaites selon le rapport Entrupy 2026
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La contrefaçon reste un fléau majeur pour le secteur du luxe en 2026. Selon le rapport annuel d’Entrupy, Louis Vuitton se retrouve en tête des marques les plus ciblées par les faussaires. Cette domination soulève des questions sur la protection des maisons emblématiques face à un commerce parallèle en pleine expansion.

Le luxe en première ligne face à la contrefaçon mondiale

Les chiffres donnent le vertige. D’après un rapport de l’EUIPO et de l’OCDE publié en 2025, les produits contrefaits représentent 2,3 % du commerce mondial, soit 467 milliards de dollars. Le luxe paie un tribut particulièrement lourd dans cette guerre économique. En 2023, ces faux articles pesaient environ 8 % des ventes totales du secteur à l’échelle planétaire.

L’année suivante a marqué un tournant dans la lutte contre ce phénomène. Pas moins de 110 milliards de dollars de contrefaçons haut de gamme ont été saisis lors de raids. Ces opérations montrent l’ampleur du problème, mais aussi la détermination des autorités.

Entrupy, entreprise new-yorkaise spécialisée dans l’authentification par intelligence artificielle, a enregistré une hausse de +33 % des demandes d’authentification en un an. Son taux de précision atteint désormais 99,86 %. Pourtant, 8,1 % des produits analysés restent non identifiés, donc potentiellement faux.

Louis Vuitton : la cible numéro un des faussaires

Sans surprise, la maison au monogramme domine ce classement peu enviable. Louis Vuitton représente à lui seul 33 % de l’ensemble des produits soumis à authentification. En valeur, cela correspond à 857 millions de dollars d’articles vérifiés. Cette omniprésence fait de la marque la proie favorite des contrefacteurs.

« Là où Louis Vuitton domine par la quantité, Chanel s’impose par la valeur. »

Gucci se distingue autrement. En 2025, plus de 17,8 millions de dollars de sacs contrefaits portant sa signature ont été soumis à vérification. Prada confirme son ancrage sur le marché de la revente avec près de 9 % des demandes d’authentification.

Chanel occupe la quatrième position en volume. Près de 6 % des sacs analysés sont jugés non identifiés. La maison représente environ 13 % des produits soumis, pour une valeur totale proche de 958 millions de dollars, la plus élevée du classement. Dior complète ce top 5 avec 5 % des soumissions et plus de 221 millions de dollars en valeur.

  • Louis Vuitton : 33 % des produits authentifiés (857 millions de dollars)
  • Chanel : 13 % des soumissions (958 millions de dollars en valeur)
  • Prada : 9 % des demandes d’authentification
  • Gucci : 17,8 millions de dollars de sacs suspects vérifiés en 2025
  • Dior : 5 % des soumissions (221 millions de dollars)

Des marques en forte progression sur le marché de la revente

Le rapport d’Entrupy révèle des évolutions significatives entre 2024 et 2025. Fendi enregistre la plus forte hausse avec +49 % de produits soumis à authentification. Le retour en grâce du sac Baguette explique cette progression spectaculaire.

Loewe et Bottega Veneta affichent chacune une croissance de +45 %. Ces deux maisons profitent d’un positionnement en phase avec l’esthétique du Quiet Luxury. Leurs créations sobres et raffinées séduisent une clientèle exigeante, mais attirent aussi les faussaires.

Celine complète ce classement des marques montantes avec +42 %. Le regain d’intérêt pour les créations de Phoebe Philo stimule cette dynamique. Ces chiffres montrent que la contrefaçon suit les tendances de près.

Le cas révélateur de Goyard

Le classement des marques les plus risquées adopte une autre logique. Goyard arrive en tête avec près de 19 % d’articles non identifiés, loin devant Prada (13 %) et Saint Laurent (10 %). Dior suit avec 9 %, puis Louis Vuitton avec 8 %.

Goyard illustre parfaitement les mécanismes de l’économie du faux. Peu diffusée, difficilement accessible, mais immédiatement reconnaissable, la marque coche toutes les cases. Sa forte désirabilité, sa faible disponibilité et sa signature visuelle marquée en font une cible idéale.

Les matériaux, nouveau terrain de jeu des contrefacteurs

Au-delà des logos, la contrefaçon s’attaque désormais aux matières. Le classement des matériaux les plus copiés ne mesure pas le volume, mais la probabilité qu’un produit soit faux. Le canvas de Givenchy arrive en tête, suivi du nylon Prada et de la toile Goyardine.

Le canvas Herline d’Hermès et le nylon Loewe complètent ce palmarès. Ces matières techniques, souvent associées à des pièces iconiques, deviennent des cibles privilégiées. Les faussaires perfectionnent leurs techniques pour reproduire ces textures caractéristiques.

La tendance Quiet Luxury complique la donne. À mesure que les maisons s’éloignent des logos visibles, la contrefaçon s’adapte. Ces pièces plus sobres sont parfois plus difficiles à imiter à grande échelle. En revanche, elles deviennent aussi plus complexes à authentifier. Le risque ne disparaît pas ; il se déplace vers des formes plus subtiles.

Pour les amateurs de la maison au monogramme, la vigilance reste de mise. Face à l’ingéniosité des faussaires, seule l’authentification professionnelle garantit une acquisition sereine sur le marché de la seconde main.

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