« On se croirait dans une rue anglaise » : cet hôtel particulier du 16e cache un jardin secret en plein Paris
Dans le 16e arrondissement de Paris, un hôtel particulier de 400 m² situé dans une impasse privée raconte une belle histoire de renouveau. Xavier et Guilaine, dont les sept enfants ont quitté le nid, ont confié leur nouvelle demeure à l’architecte d’intérieur Santillane de Chanaleilles, qui a su y insuffler un chic parisien rare, mêlant blanc, matières texturées et touches caramel.
Un hôtel particulier pensé pour une nouvelle vie à deux
Après des années dans un grand appartement familial, Xavier et Guilaine voulaient un espace rien qu’à eux. Leur programme était clair : deux chambres, deux bureaux et de vastes pièces de réception. Cet hôtel particulier, coup de cœur immédiat, répondait à chacune de leurs attentes.
La maison s’articule sur trois niveaux. Santillane de Chanaleilles a consacré presque un niveau entier aux espaces de travail, car le couple, très actif, avait besoin de vrais bureaux. Le rez-de-chaussée, de son côté, est entièrement dédié aux réceptions, puisque Xavier et Guilaine organisent beaucoup de dîners d’affaires.
Dès l’entrée, l’architecte a misé sur un effet spectaculaire avec un sol en marbre panda white. Ainsi, le ton est donné avant même de franchir le premier salon.
Des espaces de travail au cœur du projet
Le bureau de Xavier intègre un petit salon avec télévision, qui donne sur la terrasse. Ce coin intime devient, selon ses mots, l’espace préféré du couple quand ils sont seuls. De son côté, le bureau est habillé d’un papier peint panoramique « Ukiyo » de Nobilis et s’adoucit de nuances mordorées.
Chaque pièce de travail bénéficie ainsi d’une identité propre. Pourtant, l’ensemble reste cohérent grâce à une palette de matières soigneusement choisie. Les appliques en laiton brossé de Daniel Gallo apportent une chaleur discrète à ces volumes.
« Il fallait que ce soit raffiné mais pas ostentatoire. »
Le blanc, le marbre et la teinte biscuit caramélisé comme fil conducteur
Pour assurer un maximum de luminosité dans cette demeure bourgeoise, Santillane de Chanaleilles a travaillé le blanc dans toutes ses nuances. Elle l’a couplé à des matières texturées, avec les marbres en vedette. Cette approche ton sur ton crée une atmosphère à la fois apaisante et sophistiquée.
Dans le grand salon de réception, la cheminée dessinée par Santillane Design est en marbre calacatta oro. La bibliothèque sur mesure en douglas brossé laqué blanc longe un mur entier. De plus, les tables basses « Haumea » et « Gong » de Gallotti & Radice chez Silvera posent des accents graphiques sur les tapis de Sibylle de Tavernost.
En revanche, l’escalier apporte une surprise : Santillane a voulu y introduire de la chaleur avec une teinte biscuit caramélisé. Ce détail gourmand réchauffe la verticalité de la maison et crée un lien entre les niveaux.
- Sol en marbre panda white dès l’entrée pour un effet spectaculaire immédiat.
- Cheminée en marbre calacatta oro dessinée sur mesure par Santillane Design dans le salon de réception.
- Façades de cuisine en bronze gougé Oberflex, avec plan de travail en céramique effet marbre calacatta oro.
- Salle à manger animée par la suspension « Brass 96 » de Paola Navone pour Gervasoni et des pieds de table en laiton brossé.
- Escalier habillé d’une teinte biscuit caramélisé pour relier les étages avec chaleur.
Une cuisine entre transparence et reflets bronze
Pour créer l’impression d’une cuisine ouverte, Santillane a installé de grandes portes vitrées. Les façades des meubles en bronze gougé d’Oberflex reflètent la lumière avec sobriété. La suspension « Meshmatics » de Moooi chez A-VU complète ce tableau contemporain.
Dans la salle à manger voisine, les détails dorés prennent le relais. La table au plateau en marbre, signée Santillane Design, repose sur des pieds en laiton brossé. Les chaises de Jim Thompson pour Pierre Frey apportent une élégance textile à cet espace de convivialité.
Un jardin en plein Paris et une chambre sous les toits
L’une des grandes singularités de cet hôtel particulier reste son jardin, une rareté dans Paris intra-muros. Créé par l’architecte paysagiste Laurent Douvenou, il donne l’impression, selon Xavier et Guilaine, de se trouver dans une charmante rue anglaise bordée de verdure. Pour en profiter pleinement depuis le salon, Santillane a fait le choix de ne poser aucun rideau aux fenêtres, qui sont, selon ses mots, trop belles pour être cachées.
Ainsi, la lumière naturelle traverse les pièces de réception sans obstacle. Le petit salon bénéficie de la même approche : les fenêtres XXL laissent le jardin entrer visuellement dans la pièce. Le canapé « California » de Nobilis et le fauteuil « Gropius CS1 » de Noom y trouvent leur place avec naturel.
Pourtant, c’est la chambre sous les toits qui réserve la vraie surprise de cet hôtel particulier rénové. L’architecte a valorisé la charpente apparente, créant un contraste saisissant avec les espaces très urbains des étages inférieurs. Sous leur lit à baldaquin « Cape Cod » de Flamant, Xavier et Guilaine savourent désormais une quiétude inattendue, avec un papier peint « Maracas » de Pierre Frey pour habiller les murs avec douceur.
Cette chambre incarne la promesse de toute la rénovation : offrir à un couple qui a longtemps vécu pour les autres un espace entièrement pensé pour eux. Par sa capacité à faire coexister le raffinement parisien et la chaleur d’un intérieur habité, cet hôtel particulier du 16e arrondissement s’impose comme un modèle de chic à la française.