Ces 8 hôtels 5 étoiles de Saint-Tropez rivalisent d’élégance, du refuge secret de Bardot au QG des milliardaires
Choisir où dormir à Saint-Tropez engage bien plus qu’un simple critère de confort : c’est choisir une vision du village, un rythme, une façon d’habiter la presqu’île le temps d’un séjour. Parmi les adresses cinq étoiles qui ponctuent le golfe et ses hauteurs, chacune porte une identité propre, du palace gastronomique au refuge discret du vieux village.
Deux palaces sur les hauteurs : la Messardière et la Villa Belrose
Le Château de la Messardière, accroché sur les hauteurs face aux vignobles de Ramatuelle et à la baie de Pampelonne, compte parmi les premiers palaces de Saint-Tropez. Cette demeure du XIXe siècle fut à l’origine un cadeau de noces offert par un marchand de cognac à sa fille. Ressuscitée en 1989 par Jean-Claude Rochette, architecte des Monuments Historiques, elle intègre la collection Airelles en 2019 avec 86 chambres et suites, à partir de 1807 euros la nuit. Son parc de 13 hectares planté de pins maritimes, de cyprès et de jasmins forme un écrin rare sur la Côte d’Azur.
Côté table, le château réunit Jean-François Piège, Nobu Matsuhisa et Cédric Grolet. Piège signe les Tables du Jardin, dans le potager du domaine, avec une cuisine méditerranéenne généreuse. Matsuhisa mêle, sur sa terrasse panoramique, influences japonaises et saveurs péruviennes. Pour les déjeuners les pieds dans le sable, le restaurant de plage Jardin Tropezina attend à Pampelonne.
À quelques virages de là, sur 9000 m² de pinède à Gassin, l’Althoff Villa Belrose domine le golfe avec une discrétion qui tranche avec l’agitation du port. Membre des Leading Hotels of the World, cet établissement propose 39 chambres et suites dotées de terrasses privatives, plus une villa Paradise avec majordome, frigo garni à l’arrivée et baby-sitter. Le bassin principal de 300 m² invite à la sieste, tandis que le chef Jimmy Coutel construit une partition solaire : picanha Angus, aubergine fumée, sébaste aux courgettes fleurs farcies à l’anchois, desserts poétiques aux noms d’Éclats Rouges ou Rêve Sucré. Le spa s’appuie sur les soins suisses NIANCE®, axés sur l’anti-âge haute performance. Les tarifs débutent à 850 euros la nuit.
Pour ceux qui veulent rester au cœur du village
L’Hôtel de Paris Saint-Tropez, ouvert en 1931, fut le premier établissement cinq étoiles du village. Rénové en 2013 par l’architecte François Vieillecroze et la décoratrice Sybille de Margerie, il s’installe place Blanqui, en face de la gendarmerie rendue célèbre par Louis de Funès, à cinq minutes à pied du port. Ses 90 chambres et suites conjuguent matières nobles et clins d’œil sixties. La Suite Présidentielle – Dolce Vita de 130 m² court sur deux niveaux avec terrasse, jacuzzi, cave à vins et photos annotées par Brigitte Bardot. Les tarifs partent de 719 euros la nuit.
La famille Dray, propriétaire des lieux, a construit un vrai ADN artistique à l’intérieur : silhouettes filiformes façon Giacometti, expositions des Galeries Bartoux, lustre de 3 500 pétales d’aluminium ivoire et piscine suspendue à 15 mètres au-dessus du sol. Le rooftop avec piscine accueille brunchs en musique et concerts jazz à la belle étoile. Le spa Clarins, présent dès l’ouverture, complète l’offre.
À quelques ruelles de là, l’hôtel La Ponche cultive pourtant un tout autre registre. Face à la crique éponyme, ce cinq étoiles de 21 chambres, 3 suites et 5 appartements repensés par Fabrizio Casiraghi offre une palette de teintes naturelles : beige sable, bleu nuit, laiton poli. Ici, ni piscine à débordement ni dorures, mais un piano-bar aux accords feutrés, un ponton privé pour les plus matinaux et un spa confidentiel avec soins signés PERS, cours de respiration et yoga. Hors saison, la maison organise même des retraites d’écriture et décerne un prix littéraire. Les tarifs commencent à 1000 euros la nuit.
Les adresses qui misent sur l’espace et la nature
À l’entrée de Saint-Tropez, sur la commune de Gassin, le Kube incarne un luxe devenu rare sur la presqu’île : l’espace. Deux hectares de jardins méditerranéens, trois piscines, des terrasses en teck vue mer, un rooftop panoramique et un spa MyBlend de 300 m² confèrent à cet établissement du groupe Machefert des airs de resort. Ses 70 chambres réparties entre villas et bâtiment principal accueillent familles et amis dans une atmosphère résidentielle. Les tarifs débutent à 450 euros la nuit selon la saison.
En 2026, le rooftop du Kube accueille Le Petit Célestin, bistrot éphémère du chef Jaïs Mimoun avec ses banquettes rouges et son panorama à 360° sur le golfe, de Sainte-Maxime jusqu’aux Alpes par temps clair. L’expérience se prolonge à Cybèle, la plage de l’enseigne à Ramatuelle. Cordelia de Castellane, directrice artistique de Maison Dior, en a signé le décor de rotin, motifs floraux et vaisselle Barbotine. La carte, méditerranéenne avec des accents sud-américains et asiatiques, s’appuie sur les cuissons au four Green Egg : loup de Méditerranée fumé au romarin ou caviar d’aubergines grillées avec labneh maison.
Le Domaine de l’Astragale, à 200 mètres de la plage et de Gassin, propose un autre tempo. Ses façades ocre et grenadine, ses 32 chambres, 16 suites articulées autour de trois piscines et ses six villas privées de 120 m² avec jardin, patio et piscine privée permettent de passer des journées entières en mode slow. Un court de tennis, une salle de sport et un restaurant ouvert de midi à 21h30 complètent l’offre. La navette privée, disponible sept jours sur sept, relie ensuite les spots festifs du village. Les tarifs commencent à 1120 euros la nuit.
Intimité et caractère : Lou Pinet et Villa Marie
Sur les hauteurs de Pampelonne, la Villa Marie porte depuis 1981 la patte de la famille Sibuet, née à Megève avec Jocelyne et Jean-Louis, aujourd’hui portée par Marie et Nicolas à travers une collection de six hôtels de Ménerbes à Saint-Barth. L’ocre flirte ici avec des touches de mandarine, les meubles chinés répondent aux textiles chaleureux, et la pinède de trois hectares offre une vue mer constante. Les 45 chambres et suites partagent toutes une élégance décontractée. La suite Pampelonne, 40 m² habillée de rose poudré, palissandre et Missoni, dispose d’un balcon suspendu au-dessus de la baie. Les tarifs débutent à 1210 euros la nuit.
La terrasse du restaurant Dolce Vita déroule la Méditerranée en toile de fond : produits niçois, poissons du jour, légumes croquants. Plus bas, le Riviera Pool Bar Bellini & Bikini anime les après-midi autour d’un bassin lagon creusé dans la roche. Le spa Pure Altitude propose des soins aux plantes alpines dans trois cabines intimistes. La conciergerie, très attentive aux familles, organise sorties en mer et navettes vers le village.
Le Lou Pinet, imaginé par le groupe Maisons Pariente, choisit une approche plus confidentielle encore. Ce boutique-hôtel de 26 clés niché dans un quartier résidentiel répartit ses chambres et suites signées Charles Zana dans plusieurs bastides aux teintes douces : bois, lin lavé, céramiques, motifs graphiques. La suite Supérieure en rez-de-chaussée, 50 m² pour jusqu’à quatre personnes, ouvre directement sur la piscine. Le bar éclairé de lanternes prolonge les soirées autour du Pinet Paloma, cocktail maison à la tequila reposado lavande, au vermouth Cocchi Rosa fraise, pamplemousse, citron vert et agave. Un spa creusé dans la roche propose des protocoles visages Tata Harper et des rituels capillaires Leonor Greyl. Les tarifs partent de 1340 euros la nuit.
Ces huit adresses dessinent, ainsi, une carte précise des façons d’habiter Saint-Tropez : du palace gastronomique ouvert sur la baie au refuge d’initiés blotti dans les ruelles du vieux village, chacune défend une certaine idée du luxe, plus proche du mode de vie que du simple confort.