Rei Kawakubo signe une vitrine Comme des Garçons à Athènes
Dans le Men’s Premium Hall du grand magasin Attica City Link, au premier étage du 9 rue Panepistimiou à Athènes, une vitrine a changé de nature. Ce n’est plus seulement un espace de vente : Rei Kawakubo, fondatrice de Comme des Garçons, l’a conçue personnellement pour y faire exister la ligne Pocket. Un geste qui mérite qu’on s’y arrête.
Un espace commercial repensé par la main de Kawakubo
Ce qui frappe d’abord, c’est la nature exacte de l’intervention. Il ne s’agit pas d’une boutique autonome, ni d’un pop-up indépendant. Rei Kawakubo a travaillé sur une vitrine spéciale, à l’intérieur d’un grand magasin existant, dans un espace déjà dédié à Comme des Garçons Pocket. C’est précisément cette contrainte qui rend le geste notable : concevoir, dans un cadre défini et partagé, quelque chose qui porte néanmoins une intention propre.
La fondatrice du label japonais, créé en 1969, est la seule propriétaire de la maison. Quand elle choisit d’intervenir directement sur une vitrine, dans une ville donnée, pour une ligne précise de son catalogue, cela ne relève pas de la routine commerciale. Cela dit quelque chose sur l’attention portée à chaque point de contact entre la marque et le public.
Chez Comme des Garçons, les collections sont dessinées par plusieurs créateurs : Rei Kawakubo elle-même, mais aussi Junya Watanabe, Fumito Ganryu ou encore Tao Kurihara. La maison compte plus d’une dizaine de lignes différentes. Que Kawakubo choisisse personnellement de s’impliquer dans la mise en scène d’une vitrine athénienne réserve à cet espace une attention qui dépasse le simple déploiement commercial.
La ligne Pocket au centre d’une proposition visuelle
C’est la ligne Comme des Garçons Pocket que cette installation met en avant. Au sein d’un grand magasin comme l’Attica City Link, chaque ligne occupe un territoire précis. Pocket dispose ici de son propre espace, au Men’s Premium Hall du premier étage. C’est dans ce cadre que s’inscrit la vitrine conçue par Kawakubo.
Une vitrine, dans ce contexte, n’est pas un simple habillage. Elle oriente le regard, hiérarchise ce qui mérite d’être vu en premier, et traduit une intention. Lorsque cette intention est celle de la fondatrice elle-même, l’espace cesse d’être neutre. Il devient une proposition visuelle à part entière, distincte de ce que pourrait produire une équipe de visual merchandising déléguée.
C’est là, peut-être, ce que cette installation dit le plus clairement sur Comme des Garçons : la maison traite ses points de présence comme des espaces à habiter, pas seulement à occuper. Même dans un grand magasin, même pour une seule vitrine, le niveau d’implication peut être celui de la créatrice en chef.
Athènes comme terrain d’expression
Le choix de l’Attica City Link, à Athènes, situe cette installation loin des capitales de mode habituellement associées aux gestes éditoriaux des grandes maisons. C’est dans cette ville, dans ce grand magasin précis, au 9 rue Panepistimiou, que Comme des Garçons a choisi de matérialiser cette démarche.
Le président de la maison, Adrian Joffe, mari de Rei Kawakubo, dirige une structure qui reste entre les mains de sa fondatrice. Cette proximité entre direction artistique et direction générale explique peut-être la cohérence avec laquelle la maison peut déployer des gestes aussi précis, dans des géographies aussi diverses. Athènes n’est pas un choix par défaut : c’est un terrain d’expression choisi, avec une vitrine confiée à la main qui a fondé la maison.
Pour qui s’intéresse à Comme des Garçons autrement qu’à travers ses défilés ou ses lignes les plus visibles, cette installation athénienne offre un point d’observation rare : celui du soin apporté à un espace que beaucoup de maisons auraient traité sans y penser deux fois.
Source : la publication de Comme des Garçons sur Instagram