J’ai goûté l’Opéra à 14€ chez Dalloyau Faubourg Saint-Honoré, enfin rouvert
Imaginez une part d’Opéra posée devant vous, dans le salon qui l’a vu naître en 1955 : c’est exactement ce que propose désormais Dalloyau Faubourg Saint-Honoré, rouverte en cette rentrée 2026 après plusieurs années de fermeture. Reprise en 2024 par le Groupe Potel et Chabot, la maison fondée en 1682 retrouve son adresse historique du 101 rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans le 8e arrondissement de Paris, avec un décor entièrement repensé et une carte revue de fond en comble.
Un lieu chargé d’histoire, une réouverture très attendue
Tout commence à Versailles. En 1682, Charles Dalloyau officie comme officier de bouche à la cour de Louis XIV, un titre qui désigne alors l’élite de la gastronomie française. Plus d’un siècle plus tard, en 1802, son descendant Jean-Baptiste Dalloyau fonde sa propre maison et s’installe rue du Faubourg-Saint-Honoré, à l’adresse que l’on connaît aujourd’hui. Il y invente alors un concept qui nous paraît banal : proposer à la bourgeoisie parisienne des plats prêts à servir chez soi, comme le faisaient les grandes maisons aristocratiques. Le prêt-à-emporter version XIXe siècle, en quelque sorte.
La maison a ensuite traversé les époques, non sans difficultés, avant de devoir fermer plusieurs boutiques parisiennes à partir de 2018. La reprise par Potel et Chabot en 2024 marque donc un vrai tournant. Et le détail qui fait sourire : Saint Honoré, qui donne son nom à la rue, est le patron des boulangers et des pâtissiers. Difficile de rêver meilleure adresse pour une maison de gourmandise.
Un décor repensé pour Dalloyau Faubourg Saint-Honoré
Pour cette réouverture, la Maison a confié l’aménagement intérieur à l’agence Tihany Design. Le résultat mise sur un luxe discret : parquet Versailles, moulures, albâtre, laiton, chêne massif et marbre Calacatta Oro composent un décor feutré, proche de l’atmosphère d’un salon d’hôtel particulier. Les couleurs ont radicalement changé, et le salon de thé se trouve désormais au fond du grand espace tout en longueur, et non plus à l’étage comme auparavant.
Dès l’entrée, un espace petit-déjeuner et coffee shop accueille avec des effluves de viennoiseries. En face, un stand boulangerie et des sandwichs attirent l’œil. Les pâtisseries, elles, sont mises en valeur en vitrine dès l’entrée à droite. En façade, les arcades sombres et le bleu pâle de la Maison retrouvent leur allure d’origine. Par rapport à la version de 2021, qui misait sur l’art urbain, le lieu revient à une élégance classique pensée pour durer.
Sous ce même toit cohabitent désormais une boutique, une boulangerie, une chocolaterie, une biscuiterie, un comptoir à emporter, un salon de thé et une table du chef privatisable, sans oublier la terrasse.
Mathilda Fouré et les pâtisseries à goûter absolument
Aux commandes des créations sucrées, Mathilda Fouré a pris la tête de la pâtisserie après être passée par les maisons de Yannick Alléno, Troisgros et Bernard Loiseau. Son approche : moins de sucre, des textures plus fines, sans trahir les recettes d’origine. Tout est fabriqué maison, entre le laboratoire de Sèvres, dans les Hauts-de-Seine, et la boutique du Faubourg.
En tête de vitrine, l’Opéra trône logiquement. Ce gâteau en couches de biscuit Joconde, crème au beurre café et ganache chocolat est né ici en 1955, imaginé par Cyriaque Gavillon. C’est son épouse Andrée qui l’a baptisé ainsi, en hommage au Palais Garnier. Il revient aux côtés du Dalloyau et du Saint-Honoré, à 14 € la part. La vitrine propose aussi un Millefeuille, un Royal Chocolat, un Fraisier, le Paris-Versailles, une Religieuse café ou chocolat, une tarte citron meringuée et une tarte aux figues de saison. Les prix s’échelonnent de 8 € à 14 € selon les gâteaux. Le flan parisien feuilleté et les éclairs café ou chocolat complètent l’offre.
- L’Opéra, né ici en 1955 : 14 € la part
- Millefeuille, Royal Chocolat, Fraisier, Paris-Versailles : de 8 € à 14 €
- Petit-déjeuner du 101 avec œufs bio : 25 €
- Tea-time du 101 (deux pièces salées, mignardises, brioche au gianduja) : 40 €
- Brunch du 101 le week-end : 50 €
Du petit-déjeuner au tea-time, ce que propose le salon de thé
Le salon de thé fonctionne du matin au soir. Le matin, le petit-déjeuner parisien réunit jus d’orange pressé minute, boisson chaude, mini-viennoiseries et fusette avec beurre demi-sel, confiture ou praliné maison. Le petit-déjeuner du 101, à 25 €, y ajoute des œufs bio cuisinés selon vos envies. La brioche feuilletée Saint-Honoré au gianduja s’annonce déjà comme une future signature de la maison.
Le midi, la carte salée joue les classiques parisiens bien exécutés : club sandwich à la volaille jaune des Landes, croque-monsieur au jambon Prince de Paris et comté 18 mois, César ou Niçoise à la ventrèche de thon Ortiz, quiche parisienne, avocado toast ou pâtes au homard bleu. Les salades tournent autour de 25 €, les pâtes au homard à 35 €. Le week-end, le brunch du 101 à 50 € enchaîne jus pressé, boisson chaude, mini-viennoiseries, un plat au choix puis une douceur. Les enfants jusqu’à 10 ans disposent de leurs propres formules : déjeuner à 20 €, brunch à 25 € et tea-time à 20 €, autour d’un Croque-mignon et d’une coupe glacée aux éclats de cookie.
Tous les jours de 15h à 18h, le tea-time du 101 à 40 € propose deux pièces salées, trois mignardises, une Arlette glacée et la brioche au gianduja. Un moment généreux, idéal après une balade du côté du Palais de l’Élysée ou avant une séance shopping sur le Faubourg, les Champs-Élysées n’étant qu’à quelques minutes à pied.
Informations pratiques pour visiter Dalloyau Saint Honoré
La boutique Dalloyau Faubourg Saint-Honoré se trouve au 101 rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans le 8e arrondissement. Les stations de métro les plus proches sont Miromesnil (lignes 9 et 13) et Saint-Philippe-du-Roule (ligne 9). Le brunch est servi le samedi et le dimanche de 11h à 15h, et le tea-time tous les jours de 15h à 18h. La table du chef se réserve pour des moments plus confidentiels. Pour une première visite à Dalloyau Saint Honoré, un jambon-beurre, une part d’Opéra et un café suffisent à saisir l’essence de cette institution parisienne retrouvée.