Manolo Blahnik et l’Hôtel de Crillon réinventent l’afternoon tea
Un cordonnier et un chef pâtissier autour d’une même table : c’est le pari qu’a choisi de tenir l’Hôtel de Crillon en lançant un afternoon tea baptisé Marie-Antoinette, né d’une collaboration entre Manolo Blahnik et le chef pâtissier Matthieu Carlin. Deux métiers que tout semble séparer, et pourtant un même sens du geste juste, de la forme aboutie, du détail qui fait basculer une création du banal vers quelque chose d’autre.
Quand la haute cordonnerie entre en cuisine
Ce qui frappe d’abord dans cette collaboration, c’est son improbabilité assumée. Manolo Blahnik, dont l’univers repose sur la précision de la découpe, la tension d’une courbe, la rigueur d’une semelle, se retrouve associé à Matthieu Carlin, chef pâtissier dont le travail appartient à un autre registre de la minutie. Pourtant, les deux disciplines partagent une même logique : construire une pièce à partir de rien, avec des matières brutes, jusqu’à obtenir quelque chose qui relève du rituel autant que de l’objet.
C’est précisément ce terrain commun que l’Hôtel de Crillon a choisi d’explorer à travers cet événement. Le résultat n’est pas une simple animation de salon, mais une proposition où le savoir-faire de l’un vient irriguer l’imaginaire de l’autre. Matthieu Carlin traduit en pâtisserie une sensibilité qui appartient à la cordonnerie, tandis que Manolo Blahnik prête à l’expérience gustative une forme de dramaturgie visuelle.
Marie-Antoinette comme fil conducteur
Le choix de Marie-Antoinette comme référence n’est pas anodin. Ce nom convoque une esthétique bien précise : excès maîtrisé, ornement assumé, plaisir érigé en art de vivre. C’est autour de cet univers que la collaboration entre Manolo Blahnik et Matthieu Carlin a été construite, non pas pour en reproduire les codes à l’identique, mais pour en proposer une lecture contemporaine.
L’Hôtel de Crillon offre pour cela un cadre que la matière de l’événement vient prolonger : la faïence de la Faïencerie de Gien habille la table, apportant à chaque service une présence visuelle et tactile qui ancre l’expérience dans une tradition française. Ce choix de vaisselle n’est pas décoratif au sens superficiel du terme. Il participe d’une cohérence entre le propos de la collaboration et les objets qui la portent.
Le rituel de l’afternoon tea réinventé au Jardin d’Hiver
L’expérience se tient au Jardin d’Hiver de l’Hôtel de Crillon, du jeudi au dimanche à partir de 15h. Ce cadre, couvert et lumineux, devient le théâtre d’un afternoon tea qui emprunte à la tradition britannique sa structure, mais la retravaille dans une logique résolument française. Chaque détail de la mise en scène, de la vaisselle Gien jusqu’au champagne servi, participe de cette réécriture du rituel.
Car c’est bien du Rare Champagne qui accompagne l’ensemble du service. Ce choix ancre l’expérience dans un registre où chaque élément a été sélectionné pour répondre à un même niveau d’exigence, plutôt qu’associés par hasard ou commodité. Le thé se transforme ainsi en une séquence orchestrée, où la pâtisserie de Matthieu Carlin dialogue avec la bulle, la porcelaine et l’imaginaire déployé par Manolo Blahnik.
Ce que dit cet événement de l’Hôtel de Crillon
L’Hôtel de Crillon ne se contente pas ici de proposer un afternoon tea de saison. En associant deux maisons de savoir-faire que rien ne prédestinait à se rencontrer, il affirme une certaine conception du luxe : celui qui nait de la rencontre des disciplines plutôt que de leur cloisonnement. Matthieu Carlin et Manolo Blahnik n’ont pas simplement cohabité sur une carte ou une affiche. Ils ont construit ensemble une proposition où chacun a dû sortir de son territoire.
L’événement est disponible jusqu’au 22 novembre au Jardin d’Hiver de l’Hôtel de Crillon. C’est une durée limitée, ce qui confère à cette collaboration le statut d’une expérience à part entière, plutôt que d’une offre permanente. Pour ceux qui s’y rendent, le service commence chaque jeudi, vendredi, samedi et dimanche dès 15h, avec la faïence Gien sur la table, le Rare Champagne dans le verre, et les créations de Matthieu Carlin dans l’assiette : une heure suspendue entre cordonnerie et pâtisserie, sous le signe d’une reine qui a toujours su que le plaisir méritait un décor à sa mesure.
Source : la publication de Hôtel de Crillon sur Instagram