Cam Ranh et Mũi Né, ces nouvelles destinations vietnamiennes prisées des palaces
Imaginez une plage de sable blanc qui s’étire à perte de vue, des cocotiers qui bordent une mer turquoise, et des palaces qui proposent tout cela à des tarifs encore accessibles. Cam Ranh et Mũi Né s’imposent progressivement comme de véritables nouvelles destinations sur la carte du tourisme haut de gamme en Asie du Sud-Est, loin de l’agitation de Hanoi ou de Hô Chi Minh-Ville.
Khánh Hòa, province phare de ces nouvelles destinations de luxe
La province de Khánh Hòa, dans le centre sud du Vietnam, concentre une part croissante de l’intérêt touristique international. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : au cours des cinq premiers mois de 2025, plus de 2,23 millions de visiteurs internationaux ont foulé cette région, soit une progression de 11,4 % en un an selon l’Administration nationale du tourisme du Vietnam. Parmi eux, on compte plus d’un million de Sud-Coréens, près de 298 000 Chinois, 121 000 Russes et plus de 52 000 Kazakhs. Cette diversité géographique témoigne d’un attrait qui dépasse largement les frontières régionales.
C’est dans ce contexte que le complexe hôtelier The Anam, ouvert en 2017 à Cam Ranh, a trouvé son terrain de jeu. Sur douze hectares longeant la mer de Chine méridionale, l’établissement propose 213 chambres, suites et villas. Son identité visuelle cultive une certaine idée de l’Indochine : bois sombre, toits d’inspiration impériale, mobilier aux lignes coloniales et tableaux d’artistes locaux, le tout enveloppé dans une végétation tropicale dense. L’atmosphère rappelle, pour les connaisseurs, l’univers de la série The White Lotus.
La journée s’y organise selon un rythme propre au lieu. Dès l’aube, des cours de yoga face à l’horizon accueillent les lève-tôt, avant que le spa ne prenne le relais avec massages et soins du corps. Pour ceux qui préfèrent une grasse matinée, la plage et ses parasols blancs offrent la même tranquillité. Le soir, au restaurant Le Colonial, une cuisine française revisitée rencontre les produits locaux dans une salle à la lumière tamisée.
Nha Trang, une excursion entre histoire et marché populaire
Rester confiné dans l’enceinte d’un resort serait passer à côté d’une partie du voyage. À une trentaine de kilomètres au nord de Cam Ranh, Nha Trang offre un contrepoint culturel saisissant. Les tours de Po Nagar, érigées entre les 7e et 12e siècles, constituent l’un des vestiges les mieux conservés de l’ancien royaume du Champa. Ces quatre tours étaient consacrées à des divinités hindoues, dont Po Nagar, la « mère du royaume » pour les Chams, un groupe ethnique présent au Vietnam, au Cambodge et en Chine. Le site reste un lieu de culte vivant : des fidèles y déposent encore encens, viande et offrandes diverses.
Depuis ce lieu de recueillement, le contraste est total avec le marché de Đm, principal marché de Nha Trang. Fruits, légumes, alcool de serpent et pommades à base de graisse de requin s’y côtoient dans une effervescence qui tranche avec la sérénité des temples. Ce passage du sacré au populaire résume bien la richesse de l’expérience que ces nouvelles destinations vietnamiennes réservent au voyageur curieux.
Mũi Né, entre kitesurf, pêche et dunes rouges
À 220 kilomètres au sud de Cam Ranh, dans la province de Lâm Đng, Mũi Né représente un autre visage de ces nouvelles destinations côtières. Depuis 2023, The Anam y possède un second établissement, plus compact : 1,2 hectare de terrain et 127 chambres et suites. La signature architecturale reste identique, avec bois sombre, carreaux graphiques, peintures vietnamiennes et lanternes en cannage encadrant les têtes de lit. Beaucoup de chambres disposent de leur propre terrasse.
- Entre octobre et avril, le microclimat de Mũi Né génère des vents réguliers, idéaux pour le kitesurf.
- La station s’est imposée comme l’un des hauts lieux asiatiques de la discipline.
- Des centaines de bateaux aux couleurs vives ponctuent la baie, aux côtés des thúng chai, ces embarcations rondes emblématiques du littoral vietnamien.
- Les dunes rouges de Mũi Né se parcourent en quad, casque sur la tête.
- Le village de pêcheurs reste une composante essentielle de l’identité du lieu, visible depuis les hauteurs.
De jour, le ciel de Mũi Né se constelle de voiles de kitesurf vertes, bleues ou jaunes. Car la station s’est imposée comme un haut lieu asiatique de la discipline, attirant des amateurs de glisse expérimentés venus du monde entier. En dehors de la mer, les dunes rouges constituent l’autre attraction phare : on les parcourt en quad, casque vissé sur la tête, pour une expérience radicalement différente du bord de mer.
Un positionnement encore à part sur la carte du tourisme vietnamien
Cam Ranh et Mũi Né n’ont pas encore la notoriété de Hoi An, de la baie d’Ha Long ou de Phú Quc auprès des voyageurs européens. C’est précisément ce qui fait leur force aujourd’hui. Ces nouvelles destinations misent sur un triptyque clair : calme, discrétion et volupté. Elles offrent un espace et une respiration que les grandes métropoles vietnamiennes ne peuvent plus garantir.
The Anam incarne cette stratégie de développement sur la côte, en pariant sur deux sites complémentaires. D’un côté, la grandeur de Cam Ranh et ses douze hectares face à la mer. De l’autre, la compacité et le dynamisme de Mũi Né, portée par le vent et la culture de la glisse. Ces nouvelles destinations forment ainsi une deuxième carte du Vietnam, encore peu balisée, mais déjà très convoitée par une clientèle internationale en quête d’authenticité et de confort.