170 ans après sa fondation, Burberry raconte ce que le manteau dit de vous

ParisSelectBook - 170 ans après sa fondation, Burberry raconte ce que le manteau dit de vous
ParisSelectBook - 170 ans après sa fondation, Burberry raconte ce que le manteau dit de vous
Suivre Paris Select Book sur Nous suivre

Cent soixante-dix ans après sa fondation, Burberry ne célèbre pas son anniversaire avec un simple défilé ou une édition limitée. La maison a choisi de se raconter autrement : à travers une série de portraits individuels, où chaque manteau devient le révélateur d’une personnalité.

Un anniversaire qui regarde les gens, pas les chiffres

Burberry a été fondée en 1856 par Thomas Burberry. Atteindre les 170 ans d’existence est, en soi, un fait remarquable. Mais la maison a choisi de ne pas s’attarder sur ce chiffre pour lui-même. Ce qui l’intéresse davantage, c’est ce que ces décennies ont déposé dans le vêtement, et plus précisément dans l’outerwear, ces pièces de manteau qui constituent le coeur de son vestiaire depuis des générations.

Plutôt que de célébrer sa propre histoire en vase clos, la marque place des regards extérieurs au centre de la démarche. Ce sont des portraits, au sens propre : des individus photographiés dans leurs manteaux Burberry, avec ce que cela suppose d’exposition personnelle et de singularité revendiquée. Le fil directeur de la campagne est explicitement la célébration de l’individualité à travers ces pièces.

Ce choix éditorial est significatif. Il dit que le vêtement n’existe vraiment qu’une fois porté, qu’il n’a pas de sens en dehors du corps et du caractère de celui ou celle qui l’endosse. Pour une maison dont l’histoire est aussi longue, c’est une forme d’humilité narrative assez rare.

L’héritage d’Art of the Trench, réactivé pour l’occasion

Cette campagne anniversaire ne surgit pas de nulle part. Elle s’inscrit dans la continuité d’une initiative antérieure de la maison : Art of the Trench. Ce projet, lancé en son temps par Burberry, reposait déjà sur l’idée que le trench-coat parle autant de qui le porte que de qui l’a fabriqué. La campagne des 170 ans réactive cet esprit, sans le dupliquer.

Ce n’est pas une résurrection nostalgique. C’est plutôt une mise à jour, une façon de dire que la question posée alors reste pertinente aujourd’hui : qu’est-ce qu’un manteau dit de vous ? La réponse change selon chaque portrait. Et c’est précisément ce que la série cherche à montrer, en multipliant les points de vue plutôt qu’en imposant une image unique.

La campagne se concentre sur l’outerwear de la maison au sens large. Les manteaux présentés ne sont pas tous destinés à la vente : certaines pièces figurant dans la série sont utilisées à des fins de stylisme uniquement et ne sont pas commercialisées. Ce détail mérite d’être noté, car il oriente différemment la lecture des visuels. Ce qui est montré n’est pas nécessairement ce qui est disponible.

Ce que le manteau dit de chaque personne

Il y a quelque chose de particulier dans le fait de choisir le portrait comme format. Pas une mise en scène collective, pas un casting uniforme. Des individus, saisis dans leur rapport personnel à un vêtement. Cette décision formelle porte une intention claire : montrer que deux personnes portant le même manteau ne racontent pas la même histoire.

C’est sur ce terrain que Burberry choisit de jouer pour ses 170 ans. Non pas la démonstration d’un patrimoine figé, mais l’illustration d’un vêtement vivant, qui change de sens selon les épaules sur lesquelles il repose. Le manteau, dans cette lecture, n’est pas un symbole de la maison : il devient un miroir tendu à celui ou celle qui le porte.

Cette approche engage aussi une certaine idée de la mémoire. Chaque portrait s’ajoute à une longue suite de personnes ayant porté ces manteaux au fil des décennies. La campagne ne reconstruit pas cette histoire chronologiquement, elle la rend sensible autrement, par accumulation de présences individuelles plutôt que par récit linéaire.

Une démarche mémorielle sans discours

Ce que cette campagne révèle sur Burberry, c’est une volonté de faire parler le vêtement plutôt que la maison. À 170 ans, la marque aurait pu choisir l’autoportrait triomphant. Elle a préféré céder la parole à ceux et celles qui portent ses manteaux aujourd’hui.

La série de portraits fonctionne ainsi comme une archive vivante : elle documente non pas des pièces, mais des rapports à ces pièces. Et c’est peut-être là que réside la vraie cohérence avec l’esprit d’Art of the Trench, ce projet qui avait compris, avant beaucoup d’autres, que la valeur d’un vêtement se construit autant du côté du porteur que du côté du créateur. Rappeler cela à l’occasion d’un anniversaire n’a rien d’anodin : c’est une position, et Burberry la tient avec une certaine constance.

Source : la publication de Burberry sur Instagram

Rédigé par , le
Partager sur
Suivre Paris Select Book sur Nous suivre