Soeur revisite le trench Pradel en chocolat avec K-Way
Un seul modèle, une seule couleur, un seul tissu : Soeur et K-Way ont choisi la concentration plutôt que la profusion pour cette collaboration, et le résultat dit beaucoup sur la façon dont les deux maisons envisagent le vêtement de qualité. Le trench Pradel, revisité dans un coloris chocolat et taillé dans un nylon 2.1 Amiable, est au cœur de ce projet pensé dans ses moindres détails.
Le choix du chocolat, ou l’art de transformer un classique
Ce qui frappe d’abord dans cette réédition, c’est la décision de couleur. Le chocolat n’est pas un neutre par défaut : c’est un ton qui exige une certaine confiance dans la coupe et dans le tissu. Appliqué au trench Pradel, il déplace la pièce vers quelque chose de plus doux, de plus urbain, loin des imperméables fonctionnels que l’on range machinalement en bas de placard.
C’est précisément là que le travail de Soeur se révèle. La maison n’a pas simplement apposé son nom sur une référence existante. Elle a orienté des choix précis : la teinte, bien sûr, mais aussi les proportions et le rapport au corps. Ce que la matière appelle « le porté » est ici une vraie préoccupation, celle d’un vêtement dont on pense la silhouette avant de penser la technique.
Ce parti pris distingue cette collaboration d’un simple exercice de co-branding. Deux maisons, un seul modèle travaillé comme une thèse, pas comme un catalogue.
Le nylon 2.1 Amiable, un tissu qui porte sa propre logique
Le choix du nylon 2.1 Amiable n’est pas anodin. Ce matériau associe légèreté et fonctionnalité, ce qui lui confère un double statut : il tient son rôle protecteur sans alourdir la silhouette. Sur un trench, où la longueur et le volume peuvent rapidement jouer contre le porté, cette légèreté change concrètement l’expérience du vêtement.
Porté sur les épaules, un trench en nylon 2.1 Amiable ne pèse pas. Il suit le mouvement plutôt qu’il ne le contraint. C’est une qualité que l’on ne perçoit pas sur une photo de campagne, mais que le corps enregistre dès les premières heures. Soeur a construit sa réputation sur cette attention au ressenti, et ce tissu en est une illustration directe.
Le fait que la matière ait été choisie conjointement avec la couleur indique aussi une méthode de travail : ici, rien n’a été décidé en silo. Le chocolat et le nylon se répondent, l’un donnant de la profondeur à l’autre.

Une campagne construite avec soin
La dimension visuelle de cette collaboration a été confiée à lunapicolitruffaut, qui signe la campagne photographique. Le mannequin missfarhiyashire porte la pièce, et le sound design est l’œuvre de harryallouche. Ces trois noms forment une équipe créative cohérente autour d’un objet unique.
Ce niveau d’attention apporté à la campagne reflète la philosophie de l’ensemble du projet. On ne présente pas un trench chocolat avec les mêmes outils qu’un teaser de saison. Soeur traite cette réédition comme une pièce à part entière, pas comme un produit dérivé d’une collaboration opportuniste.
Le sound design, en particulier, est un détail qui mérite d’être relevé. Associer un habillage sonore à la présentation d’un seul vêtement, c’est affirmer que la pièce a une atmosphère, pas seulement une fiche produit.
Ce que ce trench dit de l’approche Soeur
Soeur aborde cette collaboration avec des priorités claires : la proportion d’abord, la couleur ensuite, puis le rapport au corps. Ces trois axes ne sont pas des arguments marketing, ils structurent les décisions concrètes que l’on repère sur la pièce finale. La longueur du trench, l’aisance dans les épaules, la façon dont le tissu tombe plutôt qu’il ne se plaque, tout cela résulte de choix délibérés.
Ce positionnement tranche avec les collaborations qui multiplient les pièces pour maximiser la visibilité. Soeur et K-Way ont fait l’inverse : concentrer l’énergie sur un seul modèle, le Pradel, et le pousser jusqu’au bout de ce qu’il peut devenir dans un autre matériau et une autre couleur. C’est une forme de retenue qui, paradoxalement, rend la pièce plus présente.
Le trench Pradel chocolat n’est pas une variation de saison glissée dans un lookbook. C’est le résultat d’une réflexion partagée entre deux maisons sur ce qu’un vêtement de pluie peut être quand on lui accorde autant d’attention que ses proportions, son tissu et sa couleur le méritent.
Source : la publication de Soeur sur Instagram