Dries Van Noten imagine une mode qu’on s’offre à soi seul
Devant un miroir, seule, une lèvre rouge posée comme une décision, une broche qui capte la lumière, une ceinture qui redessine la taille : Dries Van Noten ouvre sa collection femme printemps-été 2027 sur ce moment précis, intime, où l’on se transforme pour personne d’autre que soi. C’est Julian Klausner qui signe cette ligne présentée lors de la Fashion Week de Paris, et la question qu’elle pose est aussi simple que radicale.
S’habiller sans spectateur
La mode a longtemps été pensée comme un langage adressé aux autres. Ce que propose Klausner avec cette collection, c’est presque le contraire : un retour à soi, à ce plaisir discret et solitaire qu’on éprouve avant de sortir, quand personne ne regarde encore. La citation du créateur le dit sans détour : s’habiller pour soi, jouer devant le miroir. Ce n’est pas une posture, c’est un principe de collection.
Ce glissement de perspective change la façon dont on lit chaque pièce. Il ne s’agit plus de savoir ce que la tenue communique aux autres, mais ce qu’elle fait ressentir à celle qui la porte, seule dans une pièce, avant que la porte s’ouvre. Dries Van Noten, à travers cette ligne, réoriente l’attention vers ce moment-là.

Trois détails qui font basculer
Klausner ne parle pas de silhouettes abstraites ni de tendances saisonnières. Il parle d’objets précis, de gestes concrets. Trois accessoires reviennent comme des déclencheurs dans la collection : une lèvre rouge, une broche étincelante, une ceinture cintrée. Chacun agit différemment sur le corps et sur l’humeur.
La lèvre rouge est un trait de caractère autant qu’une couleur. La broche capte la lumière et, ce faisant, attire l’œil vers un point choisi. La ceinture, elle, redéfinit une ligne, modifie une proportion, change la façon dont on se tient. Ces trois éléments ont en commun d’être des actes volontaires, des choix qu’on pose sur soi comme on prendrait une décision.
C’est là que réside l’essentiel de ce que Dries Van Noten met en avant dans cette collection : l’idée que la transformation n’est pas spectaculaire, qu’elle passe par des détails que l’on choisit pour soi, et non pour être vu.

Julian Klausner, une écriture à construire
Avec la collection Women Spring Summer 2027, Julian Klausner inscrit son nom un peu plus profondément dans l’histoire récente de la maison. La ligne qu’il développe ici n’est pas construite autour d’un effet visuel immédiat. Elle se construit autour d’une idée, celle du plaisir intime de s’habiller, et laisse les pièces en découler.
Cette approche demande au lecteur de la collection, comme à celle qui la porte, un certain engagement. Il faut accepter que la mode puisse être un dialogue avec soi-même plutôt qu’une déclaration publique. Pour Dries Van Noten, ce n’est pas un recul par rapport au monde : c’est une autre façon d’y entrer, plus ancrée, plus personnelle.
La collection est à découvrir sur driesvannoten.com, où le défilé et les looks associés sont accessibles.

Ce que cette collection dit du moment
Présenter une ligne autour du plaisir solitaire de s’habiller, lors de la Fashion Week de Paris, là où le regard des pairs, des acheteurs et des médias est maximal, n’est pas anodin. Dries Van Noten choisit précisément ce contexte surexposé pour défendre l’idée inverse : celle d’une mode qui n’a pas besoin de public pour avoir du sens.
Ce que Klausner propose, c’est de remettre la femme face à elle-même, avec ses accessoires comme seuls interlocuteurs. Une lèvre, une broche, une ceinture : trois façons de se choisir, avant de choisir comment se montrer. C’est peu, et c’est beaucoup. Et cette économie de moyens, assumée, donne à la collection printemps-été 2027 une cohérence qu’on ne trouve pas toujours dans les propositions plus démonstrative.
Source : la publication de Dries Van Noten sur Instagram