Erdem et Barbour transforment des chutes en doublure couture

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Un manteau de soirée en coton ivoire ciré, dont la doublure cache un travail de récupération textile digne d’un atelier de haute couture : Erdem signe avec Barbour une collaboration qui transforme ce qui aurait pu être jeté en matière à part entière.

Un opera coat né d’un partenariat inattendu

Pour sa collection Automne-Hiver 2026, Erdem s’est associé à Barbour pour concevoir un opera coat en coton ivoire ciré. La silhouette longue et structurée de ce type de manteau se prête naturellement au geste couture, et c’est précisément ce que ce partenariat met en jeu. Car l’intérêt de la pièce ne réside pas seulement dans son envers extérieur, lisse et immaculé.

C’est en ouvrant le manteau que la collaboration révèle sa nature véritable. La doublure rassemble des chutes de jacquard de différentes natures, assemblées en collage, auxquelles s’ajoutent des fragments brodés de cristaux. Deux matières, deux gestes, une même intention : faire de ce qui reste une ressource à part entière.

La doublure comme terrain d’expérimentation

Le procédé du collage textile n’est pas anodin. Assembler des chutes de jacquard, c’est accepter les irrégularités de teinte, de grain, de motif, et les composer comme on composerait un tableau. Erdem fait de cette contrainte une décision esthétique, plutôt qu’une solution de repli.

Les fragments brodés de cristaux renforcent cette logique. Chaque broderie est appliquée sur un fragment récupéré, ce qui signifie que chaque manteau porte en lui une combinaison unique de matières. L’upcycling, ici, n’est pas un argument de communication : il structure la construction même de la pièce, au niveau de sa doublure, là où le regard du porteur se pose en premier.

Cette pièce est référencée comme le Look 5 de la collection Automne-Hiver 2026 d’Erdem. Elle apparaît tôt dans le défilé, ce qui lui confère un rôle d’ouverture dans la narration de la collection.

Une mise en image soignée pour Vogue France

Le manteau a été photographié pour le numéro de septembre de Vogue France. La photographie est signée allan.lab, le stylisme est assuré par paulsinclaire. Claire Thomson-Jonville et l’équipe de Vogue France figurent dans les crédits de remerciement.

Ce cadre éditorial donne à la pièce une visibilité précise : celle d’un objet mode traité par une rédaction, dans un contexte de mise en scène réfléchie. La présence dans Vogue France ancre la collaboration Erdem x Barbour dans un registre qui dépasse la simple annonce de collection.

Ce que ce geste dit de la collection

Récupérer des chutes de jacquard pour les intégrer à la doublure d’un manteau en coton ciré, c’est poser une question sur la valeur des matières résiduelles dans la mode haut de gamme. Erdem ne valorise pas les chutes en les rendant invisibles : il les place à l’intérieur du vêtement, là où elles dialoguent directement avec le corps.

Ce choix change quelque chose à l’expérience du manteau. Celui qui le porte sait ce que contient sa doublure. Les cristaux brodés sur des fragments récupérés ne sont pas un détail anecdotique : ils signalent que le soin apporté à l’endroit du vêtement s’étend jusqu’à son envers. Pour une collection Automne-Hiver, où les manteaux constituent souvent les pièces les plus portées, ce positionnement a du sens. La collaboration avec Barbour donne à cet opera coat une structure technique précise, tandis que le travail de doublure lui confère une dimension que l’extérieur du manteau ne laisse pas deviner.

Source : la publication de Erdem sur Instagram

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