La Maison des Créateurs aux Galeries Lafayette, on y vient pour découvrir et aussi pour comprendre ce qui agite la création contemporaine
À la rentrée, Paris retrouve son tempo. Les rues se remplissent, les terrasses s’animent, les Fashion Week se préparent et, dans les grands magasins, une nouvelle saison commence. Mais aux Galeries Lafayette Paris Haussmann, septembre n’est jamais tout à fait un simple changement de vestiaire. C’est un moment où la création reprend ses droits, où les nouvelles silhouettes apparaissent, où les maisons installent leurs univers et où les talents de demain viennent dialoguer avec les signatures les plus établies.



Cette saison, ce dialogue prend une dimension particulière avec la Maison des Créateurs, pensée comme un véritable territoire dédié à la création. Une maison qui ne se contente pas de présenter la mode : elle raconte son histoire, ses mutations, ses influences et surtout celles et ceux qui la font évoluer.
Depuis sa création en 1894, les Galeries Lafayette ont cultivé cette capacité à regarder la mode avec un temps d’avance. Le grand magasin s’est construit autour d’une idée simple : être à l’écoute de son époque et faire entrer dans son écrin les créateurs qui incarnent le présent comme ceux qui dessinent déjà l’avenir.
Une maison qui fait dialoguer les générations
Ce qui frappe dans l’approche des Galeries Lafayette, c’est cette capacité à faire cohabiter les références. Les grandes maisons rencontrent les jeunes créateurs, les signatures historiques répondent aux propositions les plus expérimentales et les tendances repérées sur les podiums trouvent ici une nouvelle manière de rencontrer le public.

Cette vocation de dénicheur ne date pas d’hier. Après avoir accompagné la haute couture de Poiret, Dior ou Chanel, les Galeries Lafayette ont été pionnières dans l’essor du prêt-à-porter de créateurs. Sonia Rykiel et Jean-Paul Gaultier ont notamment bénéficié de cette vitrine dans les années 1950 à 1970. Plus récemment, l’enseigne a continué à soutenir des personnalités comme Jacquemus ou Marine Serre.
La Maison des Créateurs est donc l’aboutissement naturel de cette histoire : un espace où la sélection devient presque une forme de journalisme de mode. On y vient pour découvrir, mais aussi pour comprendre ce qui agite la création contemporaine.
Phoebe Philo, l’icône qui impose son propre langage

Parmi les destinations les plus exclusives du magasin, l’espace Phoebe Philo, au premier étage, occupe une place à part. La créatrice a profondément transformé le vestiaire de la femme contemporaine, imposant une esthétique immédiatement reconnaissable et une vision qui continue d’influencer toute une génération de designers.
Matthieu Blazy, Daniel Lee, Michael Rider ou encore Chemena Kamali comptent parmi les créateurs ayant évolué dans son sillage. Aux Galeries Lafayette, cet héritage prend la forme d’un espace conçu comme un écrin fidèle à son univers.
On y retrouve un prêt-à-porter à la précision radicale, une maroquinerie particulièrement recherchée et des chaussures aux lignes architecturales. Une destination pensée pour celles et ceux qui considèrent la mode comme une affaire de coupe, de matière et de silhouette autant que de désir.
La nouvelle garde est déjà là
La force de la Maison des Créateurs réside aussi dans son regard porté sur la nouvelle génération. Les Galeries Lafayette se positionnent comme un miroir des Fashion Weeks, avec des espaces multimarques et des corners qui permettent aux créateurs émergents de rencontrer un public international.
Cette saison, la sélection met notamment en avant Auralee, Hed Mayner, Marie Adam-Leenaerdt, AlainPaul, Zomer ou Willy Chavarria. Des univers très différents, mais réunis par une même volonté de repousser les contours du vêtement contemporain. Marie Adam-Leenaerdt, grande gagnante de l’ANDAM en 2026, incarne particulièrement cette nouvelle scène que les Galeries Lafayette souhaitent accompagner et faire rayonner.
Et la démarche ne s’arrête pas à la découverte : certains créateurs bénéficient de véritables espaces en propre, à l’image de Ruslan Baginskiy, tandis que l’arrivée prochaine de la collaboration événementielle Jean-Paul Gaultier par Duran Lantink promet de prolonger cette conversation entre héritage et expérimentation.
Un vestiaire féminin entre minimalisme et poésie
La création contemporaine se décline également au féminin avec une sélection de maisons fondées par des femmes ou portées par des visions singulières de la mode.
The Row impose son minimalisme souverain et ses lignes d’une grande précision. Charlotte Chesnais imagine des bijoux presque sculpturaux, tandis que L/Uniform propose une maroquinerie à la fois fonctionnelle et pointue.
À leurs côtés, Destrée apporte une dimension graphique et colorée, Molli célèbre l’excellence de la maille fine et Ulla Johnson injecte une poésie nomade dans le vestiaire avec ses silhouettes fluides et ses imprimés artisanaux

La beauté n’est pas oubliée. Victoria Beckham déploie son approche précise et sophistiquée du maquillage, tandis que Westman Atelier, la marque de la make-up artist Gucci Westman, cultive une vision du beauty look aussi désirable que contemporaine.
Des vitrines qui deviennent des scènes de mode

Mais la Maison des Créateurs ne s’arrête pas aux espaces de vente. À l’occasion de la rentrée mode, les vitrines du boulevard Haussmann deviennent elles aussi un immense manifeste créatif.
Le principe est particulièrement séduisant : transformer le grand magasin en maison de famille, avec des pièces imaginées autour de différents espaces de vie. Salon, chambre, entrée ou garage deviennent autant de décors dans lesquels les maisons peuvent raconter leur propre vision.
Marni, Ralph Lauren, Kenzo, Jil Sander, Willy Chavarria, JW Anderson, Carven et Balmain participent à cette conversation visuelle. Chacune de ces vitrines devient ainsi une petite scène, une manière de découvrir une collection autrement, par l’atmosphère et le décor autant que par le vêtement.
Marni : le dressing comme manifeste

Chez Marni, le dressing s’inspire du défilé Automne-Hiver 2026 de la maison. Bois, panneaux peints en jaune et œuvres d’art à effet miroir composent un décor à taille humaine.
Cette mise en scène fait écho à une collection qui joue sur les coupes, les volumes et les détails, avec cette manière très particulière de Marni de faire basculer les vêtements du quotidien vers quelque chose de plus audacieux. Le dressing devient alors un espace intime, presque introspectif.
Ralph Lauren : entrer dans une maison américaine
Ralph Lauren imagine pour sa collection Polo Femme Automne 2026 une entrée de maison au bord d’un lac. Bois chaleureux, matières riches et horizons lointains composent une scène inspirée des paysages américains.
Les silhouettes puisent dans l’esprit des années 1970 et jouent sur l’équilibre entre sophistication urbaine et authenticité. Les superpositions, les textures et les volumes donnent au vestiaire une allure naturellement personnelle, comme si chaque vêtement avait toujours appartenu à celle qui le porte.
Kenzo, Jil Sander et Willy Chavarria : trois visions de l’intime
La diversité des vitrines fait justement tout leur intérêt. Kenzo revisite l’atmosphère de l’ancienne demeure imaginée par Kenzo Takada, transformant l’entrée en oasis urbaine et faisant dialoguer l’héritage de la maison avec la vision contemporaine de Nigo.

Chez Jil Sander, l’intérieur devient un sanctuaire émotionnel. Un canapé aux lignes design, des matières sensuelles, un paravent : la maison imagine un espace confidentiel dans lequel les silhouettes semblent réellement habitées.
Willy Chavarria, lui, transforme la vitrine en garage cinématographique. La référence au lowrider et à la culture Chicano dialogue avec des objets personnels, tandis que la lumière et la fumée donnent à l’ensemble une dimension presque scénographique.

JW Anderson, Carven et Balmain : quand la mode raconte une histoire
Chez JW Anderson, la vitrine prend la forme d’une salle de petit-déjeuner. Mode homme et femme, objets Home & Garden et pièces choisies selon les affinités personnelles de Jonathan Anderson se rencontrent dans une composition où la mode dialogue avec le quotidien et le design.
Carven imagine quant à elle un salon de réception inspiré de la Maison du 6 Rond-Point des Champs-Élysées. Les matières, les volumes et les œuvres de la céramiste Juliette Teste prolongent l’identité de la maison.
Enfin, Balmain transforme la chambre en un espace presque abstrait, entièrement enveloppé de feutre blanc. Les coutures apparentes, les soies, les satins et les surfaces métalliques créent un contraste entre opacité et lumière, tandis que les silhouettes semblent suspendues dans l’espace.
Une Maison des Créateurs qui dépasse la mode

L’ambition des Galeries Lafayette ne se limite pourtant pas au vêtement. La Maison des Créateurs embrasse également l’art, le design, les savoir-faire et la gastronomie.
Avec SAVOIR FAIRE SAVOIR, programme lancé en 2025, l’enseigne met en dialogue son patrimoine et la création contemporaine. Pour cette première édition, le duo Les Moires a été désigné lauréat, tandis que Döppel Studio et Stéphanie D’heygere sont invités à produire des créations inédites. Ces œuvres seront présentées et vendues en éditions limitées à l’occasion de la Paris Design Week, du 8 au 20 septembre, aux Galeries Lafayette Maison et Gourmet.
La relève de l’Institut Français de la Mode
Autre rendez-vous à ne pas manquer : l’exposition consacrée aux étudiants du Master of Arts de l’Institut Français de la Mode.
Du 26 août au 21 septembre, six silhouettes conçues par la promotion 2026 sont présentées au deuxième étage du magasin Coupole. Ces créations, dévoilées en ouverture de la Paris Fashion Week®, témoignent de la diversité des regards et des univers de cette nouvelle génération de designers.
Une initiative qui résume parfaitement l’esprit de la Maison des Créateurs : donner de la visibilité à ceux qui inventent la mode de demain.
Lightness Garden : quand textile, art et design se rencontrent
Dans le cadre de la Paris Design Week, les Galeries Lafayette présentent également « Lightness Garden », installation exclusive de l’artiste chinoise Hui Hui, en collaboration avec la résidence Yishu8.
Du 6 au 21 septembre 2026, au deuxième étage des Galeries Lafayette Maison et Gourmet, ses œuvres textiles monumentales évoqueront la fluidité de l’eau et la souplesse des végétaux. À mi-chemin entre installation, sculpture, mode et design, l’exposition illustre cette volonté de faire dialoguer artisanat, innovation et création contemporaine.
Le Gourmet, autre terrain de création

Parce que la création ne s’arrête jamais à la mode, le Gourmet des Galeries Lafayette constitue lui aussi un territoire d’expression.
Yannick Alléno, Cyril Lignac et Pierre Hermé y présentent leurs créations signatures et leurs nouveautés, chacun dans son propre espace. Une autre manière de retrouver cette idée centrale de la Maison des Créateurs : réunir les savoir-faire les plus désirables dans un même lieu.
La nouveauté de cette rentrée est également incarnée par Homer Café, le concept de Moïse Sfez qui réunit Homer Lobster, Janet et Maurice dans un même espace et cherche à faire dialoguer luxe, street food et haute gastronomie.

Une adresse où la création se regarde, se porte et se vit
C’est finalement ce qui distingue la Maison des Créateurs : elle ne se résume pas à une sélection de marques. Elle propose une manière différente de regarder le grand magasin.
On y vient pour une pièce, mais on peut repartir avec une découverte. On entre pour une vitrine et l’on découvre un créateur. On vient admirer une silhouette et l’on s’attarde devant une œuvre. On cherche une nouveauté et l’on rencontre peut-être la signature qui fera demain.
Depuis plus d’un siècle, les Galeries Lafayette cultivent ce rôle de passeur entre création et public. La Maison des Créateurs en est aujourd’hui l’une des expressions les plus contemporaines : un lieu où les grands noms côtoient la jeune garde, où la mode dialogue avec l’art et le design, où les vitrines deviennent des scènes et où le shopping retrouve ce supplément d’émotion qui fait les grandes expériences parisiennes.
À l’heure où Paris retrouve son effervescence et où la mode écrit une nouvelle saison, il suffit donc de pousser les portes des Galeries Lafayette Paris Haussmann pour entrer, littéralement, dans la Maison des Créateurs.