Matthieu Blazy signe sa première collection Chanel entre mode et arts décoratifs

Matthieu Blazy signe sa première collection Chanel entre mode et arts décoratifs
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Pour sa première collection automne-hiver chez Chanel, Matthieu Blazy a choisi de placer le vêtement dans un cadre inhabituel : non pas un décor de scène ou un fond neutre, mais un intérieur peuplé de mobilier et de céramiques dus à des figures majeures des arts appliqués français du XXe siècle. Le résultat est une collection, intitulée Fall Winter 2026, dont les visuels racontent autant par ce qui entoure les silhouettes que par les pièces elles-mêmes.

Un intérieur comme manifeste

Les photographies de Julien Martinez Leclerc installent d’emblée une atmosphère de salon habité, loin de l’abstraction des studios de mode. On y reconnaît un fauteuil Wolff Lévitan, objet de collection issu du design français d’entre-deux-guerres, aux côtés d’un paravent signé Pierre Chareau et Jean Lurçat, deux noms dont la collaboration incarne précisément la jonction entre architecture intérieure et arts textiles. Ce n’est pas un plateau de tournage monté pour l’occasion : c’est un choix de mise en scène qui engage une lecture précise de la collection.

Autour de ces meubles, des vases de Jean Luce et Émile Decœur complètent l’ensemble. Jean Luce est connu pour sa céramique et sa verrerie épurées, Émile Decœur pour ses grès et porcelaines aux formes pleines et aux émaux profonds. Leur présence côte à côte dans le même visuel n’est pas anodine : elle dessine un territoire esthétique cohérent, celui d’un artisanat d’art français rigoureux, attentif à la matière et au geste.

Ce que le choix du décor dit de la collection

Confier la première collection Chanel à Matthieu Blazy, c’est déjà un signal fort sur la direction que la maison entend prendre. Mais le cadre dans lequel cette collection est présentée dit quelque chose de plus précis encore. En convoquant des objets du design français du XXe siècle, notamment des pièces situées à la frontière entre le fonctionnel et le décoratif, Blazy semble indiquer que son travail pour la maison s’inscrit dans une logique d’arts appliqués plutôt que de spectacle.

La photographie comme outil éditorial

Le travail de Julien Martinez Leclerc mérite qu’on s’y arrête. Photographier une collection de mode au milieu d’objets de design demande de ne pas hiérarchiser trop vite : le vêtement ne doit pas écraser le décor, le décor ne doit pas absorber le vêtement. L’équilibre est délicat, et il suppose une intention claire en amont du tournage. Ici, les objets ne sont pas des accessoires de plateau : ils sont des interlocuteurs.

Cette approche place la collection Chanel Fall Winter 2026 du côté des éditoriaux de mode qui assument leur dimension culturelle. Ce n’est pas seulement une saison présentée, c’est un point de vue formulé sur ce que peut être la mode quand elle dialogue avec les arts appliqués. Pour un créateur qui signe là ses premiers visuels pour Chanel, c’est une prise de position lisible dès le premier regard.

Disponibilité en boutiques

La collection Fall Winter 2026 de Matthieu Blazy pour Chanel sera prochainement disponible dans les boutiques de la maison. C’est dans cet espace de vente, loin des meubles Lévitan et des vases Decœur, que les pièces de cette collection devront tenir seules, sans le secours du décor soigneusement composé par le photographe. Ce passage du visuel éditorial à la boutique est souvent le vrai test d’une collection : celui où le vêtement parle uniquement par lui-même, sans interlocuteurs.

Source : la publication de Chanel sur Instagram

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