Guerlain réinvente son parfum culte L’Heure Bleue de 1912 dans un flacon à 117€
Imaginez un flacon posé sur une coiffeuse, reconnaissable entre mille avec son cœur inversé, mais paré d’un dégradé de bleus qui rappelle le ciel au crépuscule. Ce flacon, c’est celui du nouveau parfum de Guerlain L’Heure Bleue, réinterprété en 2026 par la parfumeure Delphine Jelk, plus d’un siècle après sa création originale en 1912.
Un flacon repensé pour un parfum de Guerlain ancré dans le temps
Le cœur inversé imaginé en 1912 reste au centre du design, mais il se décline désormais dans un dégradé de bleus évoquant le ciel au moment du crépuscule. Ce choix visuel n’est pas anodin : il traduit directement l’inspiration qui avait guidé Jacques Guerlain à l’origine, à savoir cet instant précis où la lumière du jour cède progressivement la place à la nuit.
Pour le lecteur, cela signifie que les deux versions coexistent chez Guerlain. La version originale reste disponible dans la collection Les Légendaires, tandis que cette nouvelle interprétation propose une autre façon d’aborder la même fragrance. Il ne s’agit donc pas d’un remplacement, mais d’un dialogue entre deux époques.
Ce parfum de Guerlain est proposé au prix de 117 euros en eau de parfum.
L’iris au cœur de trois années de recherche
Pour construire cette réinterprétation, Guerlain a développé une teinture d’iris exclusive. Ce travail a mobilisé les équipes de la manufacture d’Orphin pendant trois ans. Les rhizomes d’iris sont sélectionnés en Italie, puis mis à macérer dans de l’alcool afin d’en extraire le parfum.
Cette technique de macération permet de révéler une facette plus fraîche et aérienne de l’iris, différente de ce que d’autres méthodes d’extraction produiraient. C’est précisément cette caractéristique qui donne à la composition sa sensation de légèreté, fil conducteur de toute la création de Delphine Jelk.
L’iris n’est donc pas simplement un ingrédient parmi d’autres dans ce parfum de Guerlain : il en constitue la colonne vertébrale, le point autour duquel toute la structure olfactive s’organise.
Une composition en trois temps, du frais au chaud
La structure de cette nouvelle version se déploie en plusieurs étapes bien distinctes. Voici comment la fragrance se construit du début à la fin :
- Un accord ozonique en ouverture, qui crée une sensation d’air frais dès les premières secondes.
- L’iris au cœur, avec sa facette douce et poudrée issue de la teinture exclusive développée à Orphin.
- La fleur d’oranger, qui apporte de la lumière à la partie centrale de la composition.
- La vanille en fond, qui réchauffe progressivement le sillage.
- L’ambroxan en base, associé à la vanille pour prolonger et ancrer la chaleur du fond.
Cette progression du frais vers le chaud est au service d’une idée précise : rendre la fragrance plus légère et aérienne que la version de 1912, tout en conservant son identité profonde. La fleur d’oranger joue ici un rôle d’équilibre, en illuminant un cœur qui aurait pu rester trop poudré.
Delphine Jelk et l’héritage d’un parfum de Guerlain historique
Confier la réinterprétation d’une fragrance aussi emblématique à une parfumeure est un acte fort. Delphine Jelk reprend l’idée fondatrice de Jacques Guerlain, celle de capturer la lumière particulière de l’heure bleue, mais elle la traduit avec des outils et une sensibilité contemporains.
Le résultat est une version qui ne cherche pas à effacer l’original. Au contraire, la coexistence des deux flacons chez Guerlain invite à comparer deux lectures d’un même moment, séparées par plus d’un siècle. Pour qui souhaite découvrir ce parfum de Guerlain pour la première fois, cette nouvelle interprétation offre une entrée plus accessible grâce à sa légèreté. Pour les amateurs de la version historique, elle constitue une variation intéressante autour d’un thème connu.
Ce parfum de Guerlain illustre ainsi comment une maison peut honorer son patrimoine sans le figer, en lui ouvrant de nouveaux chapitres sans en effacer les précédents.