Shaun Leane ressort une coiffe miroir pour Alexander McQueen

Shaun Leane ressort une coiffe miroir pour Alexander McQueen
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Une coiffe en chrome miroir poli, sculptée comme une armure pour le visage : c’est sur cette pièce d’archives qu’Alexander McQueen pose aujourd’hui le regard. La maison convoque un objet de 2004 pour dire quelque chose du présent, et ce geste mérite qu’on s’y arrête.

Une pièce de 2004 ramenée à la surface

La collection Automne-Hiver 2004 d’Alexander McQueen, intitulée ‘Pantheon ad Lucem’, a produit des pièces dont la radicalité n’a pas vieilli. Parmi elles, cette coiffe sculptée occupe une place à part. Sa surface en chrome miroir poli renvoie la lumière avec une précision presque agressive, transformant le visage qui la porte en quelque chose qui tient autant de la sculpture que du vêtement.

C’est Shaun Leane, joaillier et collaborateur de longue date de la maison, qui l’a réalisée. Le matériau n’est pas du tissu, ni même du métal ordinaire : c’est une forme pensée pour le corps, avec la rigueur d’un bijou et les ambitions d’une pièce de scène. Sortir cet objet des archives, c’est affirmer qu’il n’appartient pas au passé.

Ce que ce geste dit du travail de Seán McGirr

Depuis qu’il occupe le poste de directeur artistique d’Alexander McQueen, Seán McGirr signe ici la direction créative de ce projet. Le choix de mettre en avant une pièce aussi extrême dans sa construction n’est pas anodin. Il dessine une ligne directe entre l’artisanat radical que la maison a porté à ses débuts et la vision qui l’anime aujourd’hui.

Ramener ‘Pantheon ad Lucem’ sous les projecteurs, c’est aussi une façon de situer la maison dans une conversation sur ce que l’artisanat peut encore produire quand il repousse ses propres limites. La coiffe de Shaun Leane n’est pas un hommage nostalgique : elle fonctionne comme un repère, un étalon de ce que la maison considère comme juste et exigeant.

La direction artistique du projet est assurée par SJ Todd, ce qui donne à la présentation une cohérence visuelle construite, loin d’une simple mise en vitrine d’archive.

Une production pensée dans le détail

Autour de la pièce, une équipe de collaborateurs a travaillé à sa mise en image. La production vidéo associe Reyara Ce et InDigital TV. Le casting a été confié à Julia Lange, la coiffure à Anthony Turner, le maquillage à Daniel S Makeup.

Ces choix ne sont pas anodins dans la manière dont Alexander McQueen fabrique ses images. Chaque collaborateur participe à construire le regard porté sur la pièce. La coiffe en chrome miroir, avec sa surface réfléchissante, pose des contraintes techniques précises à la lumière et à la prise de vue. Ce n’est pas une pièce qu’on photographie comme une autre.

L’artisanat comme argument, pas comme décor

Ce que révèle ce projet, c’est une conception de l’archive comme outil actif. Alexander McQueen ne présente pas cette coiffe pour célébrer ce qu’elle fut, mais pour ce qu’elle continue de démontrer : qu’une pièce pensée à l’extrême de ses possibilités techniques résiste au temps d’une façon que les pièces plus sages n’atteignent pas.

La collaboration entre la maison et Shaun Leane a produit, en 2004, un objet qui dépasse la catégorie du bijou sans pour autant appartenir à celle du vêtement. C’est précisément dans cet entre-deux que la maison a toujours cherché à travailler. En remettant cette coiffe sous les yeux du public, McGirr indique clairement que cette zone de tension reste le territoire d’Alexander McQueen.

Source : la publication de Alexander McQueen sur Instagram

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