Jonathan Anderson signe sa première collection Dior et laisse les formes vivre

ParisSelectBook - Jonathan Anderson signe sa première collection Dior et laisse les formes vivre
ParisSelectBook - Jonathan Anderson signe sa première collection Dior et laisse les formes vivre
Suivre Paris Select Book sur Nous suivre

Quand une maison confie ses collections à un nouveau directeur artistique, tout change, à commencer par la manière dont le vêtement pense le corps. Avec Jonathan Anderson, Dior amorce une nouvelle séquence créative, dont la première collection femme été 2027 donne déjà la mesure d’une ambition singulière.

Une première collection, une ligne de force

La ligne éditoriale que Jonathan Anderson pose d’emblée est franche : les formes existantes grandissent et évoluent en accord avec la nature. Ce n’est pas un simple vocabulaire esthétique. C’est une méthode, presque une discipline. Plutôt que de rompre brutalement avec ce qui précède, Anderson choisit de faire pousser les formes, de les laisser se transformer selon leur propre logique interne, comme le ferait un organisme vivant.

Ce parti pris organique engage une conversation directe avec l’héritage de Dior. La maison a fondé son identité sur des silhouettes construites, architecturées, pensées comme des structures. Ici, la structure ne disparaît pas : elle respire, elle s’étire, elle répond à quelque chose de plus souple que la seule volonté de forme. C’est précisément ce glissement qui rend cette première collection aussi intéressante à observer.

Jonathan Anderson signe sa première collection Dior et laisse les formes vivre

Il faut rappeler ce que Christian Dior écrivait lui-même : « Quoi que vous fassiez, faites-le avec passion. » Anderson semble avoir pris cette injonction au pied de la lettre, en y ajoutant une dimension naturaliste qui lui est propre. La passion, ici, se loge dans l’observation du vivant et dans la manière dont la croissance peut devenir un principe de coupe.

Une équipe artistique composée avec précision

Une collection se lit aussi dans les collaborateurs qu’un directeur artistique choisit de réunir autour de lui. Pour ce défilé Dior Summer 2027, Jonathan Anderson s’est entouré d’un plateau de créateurs dont chacun travaille un registre précis du vêtement porté et mis en scène.

Le stylisme revient à Benjamin Bruno, tandis que Guido Palau prend en charge les coiffures et Peter Philips le maquillage. La manucure est confiée à Ama Quashie, détail qui dit quelque chose de la finesse avec laquelle chaque extrémité du corps a été pensée. Le casting est assuré par Ashley Brokaw, et la direction du mouvement revient à MJ Harper, ce qui confirme que la manière dont les corps traversent l’espace a été travaillée comme une partition à part entière.

Jonathan Anderson signe sa première collection Dior et laisse les formes vivre

La musique est composée par Damien Quintard, la scénographie lumière par Philippe Cerceau, et la production de l’ensemble est assurée par Bureau Betak. Chaque poste répond à un nom, chaque nom à une intention. Cette précision dans la distribution des rôles est en elle-même un signal : Anderson construit un univers, pas seulement un vestiaire.

Ce que ce défilé dit de Dior aujourd’hui

La maison Dior traverse avec cette collection un moment de redéfinition qui mérite d’être lu avec attention. L’idée que les formes évoluent en accord avec la nature n’est pas une rupture : c’est une greffe. Anderson ne jette pas les bases de la maison, il les fait croître dans une direction nouvelle.

Christian Dior, avant même de devenir couturier, était un homme fasciné par l’art et par la transformation des choses. Il avait été galeriste à 23 ans, avait appris le métier de modéliste aux côtés de Robert Piguet en 1938, puis s’était essayé au stylisme pour Lucien Lelong avant de fonder sa propre maison en 1946. Cette trajectoire, faite d’apprentissages successifs et de métamorphoses, n’est pas sans résonner avec la démarche d’un créateur qui choisit d’évoluer plutôt que de renverser.

Jonathan Anderson signe sa première collection Dior et laisse les formes vivre

La veste Bar, présentée lors du tout premier défilé de la maison le 12 février 1947, reste l’une des pièces vers lesquelles chaque nouvelle direction se retourne, consciemment ou non. Ce n’est pas parce qu’elle appartient au passé, mais parce qu’elle pose une question que chaque collection doit résoudre à sa façon : comment une forme peut-elle rester vivante saison après saison ? Anderson répond à cette question avec une cohérence rare dès sa première collection : en traitant le vêtement comme un être en croissance, capable d’évoluer sans perdre ce qui le constitue.

Source : la publication de Dior sur Instagram

Rédigé par , le
Partager sur
Suivre Paris Select Book sur Nous suivre