Balmain printemps-été 2027 ressuscite les coulisses de 1954

Balmain printemps-été 2027 ressuscite les coulisses de 1954
Balmain printemps-été 2027 ressuscite les coulisses de 1954
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Dans les coulisses d’un défilé, entre deux robes portées à la hâte et les mains pressées des habilleurs, Balmain retrouve quelque chose que la mise en scène d’un podium efface presque toujours : la vérité du vêtement au moment où il rencontre le corps. C’est ce territoire, capté en juillet 1954 par le photographe Mark Shaw, qu’Antonin Tron a choisi comme point de départ de la collection femme printemps-été 2027.

Une archive comme fil conducteur

Tout commence avec un ensemble de photographies prises dans les cabines d’habillage de la maison, au 44 rue François 1er à Paris. Mark Shaw y avait documenté les coulisses d’un défilé Pierre Balmain avec une précision rare : les mannequins y apparaissent en train de s’habiller, ou déjà habillées, dans l’agitation propre aux préparatifs d’une présentation de mode.

Ces images ne montrent pas la mode telle qu’elle veut être vue. Elles montrent la mode telle qu’elle se fait : dans le désordre, le mouvement, l’instant avant que tout soit parfait. C’est précisément ce que Tron y a cherché, selon ses propres mots, une forme de réalité à l’intérieur du glamour.

Le choix de ces archives comme boussole créative n’est pas anodin. Plutôt que de s’appuyer sur les images de défilé, toujours composées pour l’œil du photographe de mode, Tron s’est tourné vers ce que la maison ne destinait pas à être montré. Ce geste dit quelque chose sur la direction qu’il souhaite donner au vestiaire Balmain.

Ce que les coulisses révèlent que le podium tait

Les photographies de Mark Shaw fonctionnent comme un double témoignage. D’un côté, elles documentent le glamour d’une maison de couture française en 1954, au sommet de son rayonnement. De l’autre, elles capturent ce que ce glamour recouvre : des femmes en mouvement, des vêtements qui s’ajustent, des silhouettes encore en train de se construire.

Ce que Tron y lit, c’est que le vêtement existe avant d’être regardé. Il existe dans le geste de le passer, dans la résistance ou la fluidité d’un tissu que l’on tire, dans la fraction de seconde où il n’est pas encore parfaitement placé. Le glamour, seul, ne raconte pas ça. Les coulisses de Shaw, elles, le racontent.

En choisissant ces images comme mood board, Antonin Tron pose une question concrète à sa propre collection : comment un vêtement se tient-il quand personne ne le regarde encore ? C’est à cette exigence, discrète mais réelle, que la collection printemps-été 2027 semble vouloir répondre.

Antonin Tron face à l’héritage de 1954

Antonin Tron signe ici une collection pour Balmain en convoquant un moment précis de l’histoire de la maison, sans pour autant en faire une reconstitution. L’archive n’est pas un modèle à reproduire, elle est une manière de voir. Ce que Shaw a photographié rue François 1er, c’est moins une collection qu’un état d’esprit, celui d’une maison au travail, vivante, imparfaite dans ses préparatifs.

C’est cet état d’esprit que Tron cherche à faire passer dans les pièces de la saison à venir. La distance entre 1954 et 2027 compte moins, dans cette démarche, que ce que les deux moments partagent : des femmes, des vêtements, et l’instant juste avant que le regard du monde se pose sur elles.

Que la collection tienne cette promesse, c’est ce que le défilé dira. Mais le geste de départ, lui, est déjà posé : Balmain regarde ses propres coulisses pour savoir ce que ses robes ont à dire quand elles cessent d’être des images.

Source : la publication de Balmain sur Instagram

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