Gucci, Miu Miu, Bottega Veneta : pourquoi les maisons de luxe s’arrachent le tennis

Gucci, Miu Miu, Bottega Veneta : pourquoi les maisons de luxe s'arrachent le tennis
Gucci, Miu Miu, Bottega Veneta : pourquoi les maisons de luxe s'arrachent le tennis
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Imaginez Jannik Sinner entrer sur le court central de Wimbledon avec un sac monogrammé sur mesure signé Gucci à l’épaule : une scène inédite dans l’histoire du tennis, qui résume à elle seule pourquoi les maisons de luxe se tournent massivement vers ce sport. Ce phénomène dépasse largement l’anecdote stylistique. Il traduit une alliance profonde, construite sur des décennies, entre deux mondes qui partagent les mêmes codes d’élégance et d’exclusivité.

Un terrain de jeu historique pour les grandes griffes

Le lien entre le tennis et les maisons de luxe ne date pas d’hier. Dès les années 1920, Jean Patou confectionnait pour Suzanne Lenglen, star du tennis féminin, des jupes plissées blanches s’arrêtant juste en dessous du genou. Ce geste fondateur posait déjà les bases d’une relation durable entre la haute couture et le court.

Rolex, de son côté, est le chronométreur officiel de Wimbledon depuis 1978. Et depuis plus de 20 ans, Ralph Lauren habille les juges arbitres, les juges de lignes et les ramasseurs de balles pendant l’US Open. Ces partenariats de long terme illustrent combien le tennis bénéficie d’une image chic et intemporelle, particulièrement attractive pour les acteurs du luxe.

Car comme l’explique Alan Sweet, ancien acheteur chez Gucci, coach de tennis et créateur de contenu basé à Los Angeles, ce lien a toujours existé. Ce qui change aujourd’hui, c’est l’échelle de la visibilité, considérablement amplifiée par les réseaux sociaux.

Pourquoi les maisons de luxe misent sur les stars du circuit

Le tennis présente une caractéristique rare dans le sport de haut niveau : c’est une discipline individuelle. À chaque match, un joueur ou une joueuse peut passer plusieurs heures sur le terrain, filmé en gros plan, devant des millions de spectateurs. Sur deux semaines de tournoi du Grand Chelem, cette exposition devient considérable. Pour les maisons de luxe, c’est une vitrine incomparable.

Jannik Sinner, numéro un mondial chez les hommes, poursuit ainsi sa collaboration avec Gucci en tant qu’ambassadeur. Lorenzo Musetti, dont l’allure rappelle celle d’un mannequin, est ambassadeur Bottega Veneta depuis l’année dernière. Début 2026, Aryna Sabalenka, numéro un mondiale et âgée de 28 ans, rejoint à son tour Gucci comme ambassadrice.

Du côté féminin, Coco Gauff, athlète féminine la mieux payée au monde, incarne le partenariat entre Miu Miu et New Balance. La collection qui en résulte comprend des jupes, des tops et des baskets de tennis. Ces collaborations ne se limitent donc pas à un simple contrat d’image : elles donnent naissance à des pièces concrètes, portées sur et en dehors des courts.

Des tenues qui cassent les codes, de Serena Williams à Naomi Osaka

Les joueurs et les joueuses n’ont jamais attendu les maisons de luxe pour bousculer les conventions vestimentaires du tennis. En 1985, l’Américaine Anne White enfilait une combinaison moulante à manches longues à Wimbledon. À la fin des années 1980, André Agassi jouait en short en jean. Et au début des années 2000, Serena Williams portait une jupe en denim accompagnée de couvre-bottes noirs montant jusqu’aux genoux à l’US Open.

Des années plus tard, Serena Williams brillait dans une robe asymétrique inspirée de la danse et du ballet, créée pour Nike par Virgil Abloh. Ces choix stylistiques forts ont ouvert la voie à une expression personnelle de plus en plus assumée sur les courts.

Naomi Osaka pousse cette logique encore plus loin. La Japonaise transforme ses arrivées dans les tournois du Grand Chelem en véritables défilés. En mai dernier, à Roland-Garros, elle portait un bustier recouvert de cristaux Swarovski et une longue jupe en tulle, conçus par Kevin Germanier, créateur suisse spécialisé dans l’upcycling. Ses tenues reflètent une identité forte, et c’est précisément ce que recherchent les griffes de luxe dans leurs ambassadeurs.

Le tenniscore, quand un sport devient une esthétique de vie

Le tennis investit désormais le champ de la pop culture bien au-delà des courts. En 2024, le film Challengers de Luca Guadagnino, avec Zendaya dans le rôle principal et des costumes signés Jonathan Anderson, a propulsé l’image glamour du sport à un niveau inédit. Ce film a alimenté sur les réseaux sociaux une vague de posts sous le hashtag #tenniscore.

Sous ce hashtag, une esthétique à part entière s’est imposée : mini-jupes, robes plissées, polos et images de courts bordant la Méditerranée sont devenus les symboles d’un style de vie aspirationnel. Que l’on pratique le tennis ou non, cette esthétique séduit une génération entière.

  • Jean Patou habille Suzanne Lenglen dès les années 1920
  • Rolex, chronométreur officiel de Wimbledon depuis 1978
  • Ralph Lauren fournit les tenues officielles de l’US Open depuis plus de 20 ans
  • Coco Gauff, Jannik Sinner, Lorenzo Musetti et Aryna Sabalenka : quatre stars du circuit liées à des maisons de luxe
  • Le film Challengers (2024) et le hashtag #tenniscore ont amplifié l’aura glamour du tennis

Pour les maisons de luxe, le tennis cumule donc plusieurs atouts rares : une image chic et intemporelle, une visibilité individuelle et prolongée sur les courts, et désormais une présence forte dans la pop culture. L’US Open, qui se tient chaque fin août dans le parc de Flushing Meadows à New York, offre à ces griffes une scène mondiale pour affirmer leurs ambitions stylistiques, match après match.

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