Barton Perreira s’invite au défilé de LaQuan Smith à New York
Sur le podium du défilé Barton Perreira x LaQuan Smith à New York, la lunette n’est plus un détail : elle est un acte. La collaboration entre la maison de lunetterie californienne et le créateur new-yorkais, présentée dans le cadre de la Fashion Week de New York pour la saison printemps-été 2027, dit quelque chose de précis sur la manière dont un accessoire peut porter une collection sans en écraser le propos.
Une présence construite, pas greffée
Ce qui frappe d’emblée dans la démarche de Barton Perreira, c’est le refus du raccourci. Plutôt que de proposer un modèle unique conçu pour l’occasion, la maison a constitué une sélection qui mêle nouvelles créations et pièces d’archives. Ce choix dit beaucoup : il ne s’agissait pas de placer un produit sur un défilé, mais de construire un dialogue entre deux visions esthétiques.
Pour que ce dialogue soit visuel autant que conceptuel, des verres aux teintes franchement affirmées ont été réalisés spécifiquement pour le défilé. Ces verres bespoke n’existent pas dans le catalogue courant de la maison : ils ont été pensés pour s’accorder aux couleurs et à l’atmosphère de la collection LaQuan Smith. C’est précisément ce type d’ajustement qui transforme la lunette en accessoire de défilé à part entière.

Le résultat place Barton Perreira dans une position rare : celle d’une maison qui accepte de se plier à un univers extérieur sans pour autant renoncer à ce qui la définit. Car les montures restées fidèles à l’esthétique de la maison, qu’elles soient nouvelles ou issues des archives, portent en elles les mêmes partis pris : le minimalisme des lignes, l’absence de logos envahissants, la douceur des acétates ou la précision du titane.
Ce que les archives révèlent sur la maison
Barton Perreira a été cofondée en 2007 au sud de la Californie par Bill Barton et Patty Perreira. Cette région, surnommée le « Golden State », a nourri depuis l’origine une palette de couleurs allant des teintes vives aux nuances dorées que la lumière y dépose au fil des heures. On retrouve cet héritage chromatique dans le choix même des verres bespoke réalisés pour le défilé : des couleurs marquées, portées par des montures qui, elles, restent sobres.
Le fait que la maison puisse convoquer ses archives pour un défilé de cette envergure révèle aussi une continuité de langage. Une archive n’est exploitable dans un contexte de mode contemporaine que si le style qui la sous-tend n’a pas vieilli. Pour Barton Perreira, la cohérence du design sur la durée est précisément ce qui rend cette opération crédible.

Depuis son acquisition en 2023 par Thélios, le pôle lunetier du groupe LVMH, la maison évolue dans un écosystème de maisons de mode de premier plan. Cette collaboration avec LaQuan Smith s’inscrit naturellement dans cette trajectoire : celle d’une marque qui cherche à exister dans la conversation de la mode, pas seulement dans celle de la lunetterie.
La lunette comme proposition stylistique
Sur un défilé, tout accessoire court le risque de disparaître dans la masse des décisions visuelles. La lunette, en particulier, peut facilement se réduire à un gimmick, un signal de code plutôt qu’un vrai élément de look. Ce que Barton Perreira évite ici, c’est précisément cette réduction.
En combinant des montures aux lignes retenues avec des verres aux couleurs intenses, la maison crée une tension visuelle maîtrisée. La monture ne crie pas, le verre parle. C’est une logique d’équilibre qui correspond bien à l’identité de Barton Perreira : une beauté qui se perçoit par contraste, pas par accumulation.
Ce défilé SS27 à New York illustre ainsi comment une maison de lunetterie peut s’inviter dans le territoire de la mode sans imiter ses codes les plus démonstratifs. En faisant confiance à la qualité de ses montures et en adaptant uniquement ce qui devait l’être, à savoir la teinte des verres, Barton Perreira a tenu une position rare : celle d’un accessoiriste qui ne s’efface pas.
Source : la publication de Barton Perreira sur Instagram