Loewe puise dans l’enfance pour sa collection été 2027
Des cols taillés dans de la résine de lunettes de soleil posés sur des tricots légers : c’est par ce détail inattendu que Loewe ouvre sa collection printemps-été 2027, révélant d’emblée ce qui anime l’ensemble du vestiaire. Sous la direction de Jack McCollough et Lazaro Hernandez, la maison construit cette saison un territoire personnel, autobiographique, ancré dans les paysages de leur enfance commune en Nouvelle-Angleterre.

Quand la mémoire devient une garde-robe
Peu de collections revendiquent aussi clairement leur point de départ intime. Ici, ce sont des souvenirs de jeunesse qui servent de matériau premier : l’atmosphère décontractée des étés de Nouvelle-Angleterre, ses plages, ses sentiers, ses vacances sans cérémonie. Ce n’est pas une nostalgie décorative, mais une façon de poser des questions précises sur ce qu’on porte, comment et pourquoi.
La collection s’affiche ainsi comme une garde-robe autobiographique. Ce mot, rare dans le vocabulaire des défilés, dit quelque chose d’important : ce que Loewe propose cette saison ne cherche pas à séduire par la distance ou l’abstraction, mais par la reconnaissance. On pourrait avoir déjà vécu dans ces vêtements, ou du moins en avoir rêvé.
Les matériaux du souvenir
Ce qui rend la proposition concrète, ce sont les choix de matières et de détails. Les cols en résine, directement issus de la fabrication des lunettes de soleil, viennent se poser sur des tricots légers et des trench-coats. Le geste est précis : il ne s’agit pas d’ornementation gratuite, mais d’un glissement entre deux univers, celui du vêtement de plage et celui du manteau plus structuré.
Dans le même esprit, la corde de randonnée traverse plusieurs silhouettes de la collection. Elle apparaît comme une référence directe aux activités de plein air qui ponctuent les étés de Nouvelle-Angleterre, mais aussi comme un élément graphique, presque sculptural, qui rythme les silhouettes. Ces deux détails, la résine et la corde, font le lien entre ce que les vêtements racontent et ce qu’ils font au corps.

Les bijoux portés au fil du défilé prolongent cette atmosphère. Sans sophistication excessive, ils évoquent un état d’esprit de vacances et de bord de mer, cohérent avec l’ensemble du propos. Chez Loewe, la cohérence entre le vêtement et l’accessoire semble ici délibérément domestiquée, ramenée à l’échelle du quotidien estival plutôt qu’à celle du grand spectacle.
Une maison qui s’ancre dans l’artisanat pour mieux se réinventer
Cette collection intervient dans le long parcours d’une maison qui revendique près de deux cents ans d’histoire, depuis sa naissance à Madrid en 1846. Loewe a toujours défini son identité autour du travail du cuir, de l’artisanat transmis de génération en génération, et d’un dialogue constant entre techniques traditionnelles et nouvelles technologies. Ce socle n’est pas décoratif : il conditionne la façon dont la maison aborde chaque collection.
Ce que le printemps-été 2027 dit de cette continuité, c’est que la créativité de la maison n’a pas besoin de chercher loin ses sources. L’art, les références culturelles, mais aussi les paysages personnels de ceux qui conçoivent les collections : tout peut devenir matière. McCollough et Hernandez ne s’appuient pas sur un territoire abstrait ou une esthétique empruntée, mais sur ce qu’ils ont eux-mêmes traversé.

Ce choix dit quelque chose sur la direction que prend Loewe aujourd’hui : une maison qui, plutôt que d’accumuler les références extérieures, invite ses directeurs créatifs à puiser dans leur propre géographie intérieure. La Nouvelle-Angleterre devient ainsi bien plus qu’un décor. Elle est le point de départ d’un vestiaire qui cherche à être familier autant qu’inventé, reconnaissable autant que surprenant.
Source : la publication de Loewe sur Instagram