Matthieu Blazy raccourcit le tailleur Chanel pour le printemps-été 2027
Quand une veste tailleur laisse le ventre à l’air, c’est que quelque chose a changé. Avec sa collection printemps-été 2027, Matthieu Blazy propose pour Chanel une relecture du tailleur qui touche à l’essentiel : la liberté de mouvement, celle qui se lit dans chaque centimètre de tissu raccourci ou d’ourlet relevé.
Le tailleur raccourci, geste central de la collection
Le tailleur est au cœur de cette collection, mais pas dans sa version habituelle. Blazy le raccourcit, le soulève, le déplace vers un territoire inattendu. Des vestes courtes en tweed léger exposent la taille, créant une rupture franche avec la silhouette longue et ajustée que l’on associe généralement à ce vestiaire.
Ce raccourcissement n’est pas un détail. Il modifie l’ensemble de la proportion, décale le regard vers le bas, allège la silhouette. La veste, pièce habituellement associée à une certaine rigueur, devient ici un élément presque désinvolte.

Les ourlets suivent la même logique. Blazy les relève pour accentuer une impression de légèreté, de mobilité. L’ensemble donne à la tenue un mouvement qu’un tailleur classique ne permettrait pas. Ce n’est pas une déstructuration, c’est une respiration.
Entre vestiaire masculin et transparences : une tension fertile
La collection puise dans le vestiaire masculin pour nourrir cette liberté. Les influences sont présentes dans la coupe, dans le rapport à la veste, dans une certaine façon de traiter le corps sans chercher à le modeler. Ce dialogue entre une tradition vestimentaire masculine et une silhouette féminine dénudée crée une tension que Chanel n’avait pas encore explorée de cette façon.
Face à ces vestes courtes en tweed, Blazy place des blouses légères et aériennes. La transparence de ces pièces contraste directement avec la densité du tweed. Le résultat est une superposition de matières qui s’opposent, et qui, précisément parce qu’elles s’opposent, se renforcent mutuellement.

Ce jeu entre le lourd et le transparent n’est pas purement esthétique. Il dit quelque chose sur la façon dont on porte une veste tailleur en 2027 : pas nécessairement avec la solennité qu’elle impliquait autrefois, mais avec une légèreté assumée. Pour celle qui la portera, c’est une invitation à habiter différemment un vêtement que l’on croyait connaître.
L’héritage revisité, pas effacé
Ce que réussit Matthieu Blazy, c’est de ne pas rompre avec ce que Chanel représente. Le tweed reste, la veste tailleur reste. Mais leur traitement change de nature. Chanel, maison française productrice de haute couture et de prêt-à-porter, trouve dans cette collection une façon de porter son passé vers un présent qui ne lui ressemble pas tout à fait.
La maison avait été fondée par Gabrielle Bonheur Chasnel, dite Coco Chanel, en 1910, avant que Chanel couture ne soit rachetée par Les Parfums Chanel en 1954. Ce chemin long a toujours produit des vêtements ancrés dans une idée précise de l’élégance. Blazy ne la contredit pas, il la déplace légèrement.

Dans cette collection printemps-été 2027, la liberté n’est pas proclamée, elle est taillée. Elle passe par des centimètres de tissu en moins, par un ourlet qui monte, par une blouse qui laisse voir ce que la veste cache. C’est là, dans ces choix précis et mesurés, que Chanel avance.
Source : la publication de Chanel sur Instagram