Giorgio Armani convoque Scorsese et Milan pour raconter ses origines

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Un studio à Milan, 1979. Une photographie saisit Giorgio Armani dans son espace de travail, concentré, entouré de ce que la ville a contribué à façonner. C’est précisément ce type d’image qui structure secondo Armani, la série éditoriale que la maison vient de consacrer à Milan, deuxième volet d’un projet au long cours sur la vision et la sensibilité de son fondateur.

Milan comme point de départ, pas comme décor

La série secondo Armani ne traite pas Milan comme un simple arrière-plan esthétique. Pour Giorgio Armani, la ville représente le lieu où il s’est construit, où il a bâti sa vie et imaginé ce que sa maison allait devenir. C’est cette dimension biographique et créative qui justifie d’en faire le deuxième thème de la série, après un premier volet consacré à d’autres aspects de son univers.

La ville est décrite dans ce projet comme moderne, laborieuse, capable de se réinventer sans perdre ses racines. Ce portrait, loin d’un hommage convenu, dit quelque chose de précis sur la façon dont Giorgio Armani a conçu son travail : une élégance ancrée dans une ville qui n’a jamais cherché à se soustraire au réel.

Giorgio Armani convoque Scorsese et Milan pour raconter ses origines

Parmi les lieux mis en avant dans la série figure le Palazzo Orsini, situé au numéro 11 à Milan. Sa présence dans l’édition n’est pas anecdotique : elle inscrit la maison dans une géographie milanaise concrète, faite de bâtiments et d’adresses qui ont une histoire propre.

Des archives comme matière première

Ce qui distingue ce deuxième volet de secondo Armani, c’est le choix de convoquer des documents d’époque pour raconter la ville. La photographie prise dans le studio milanais d’Armani le 14 mars 1979 en est l’exemple le plus immédiat : on ne reconstitue pas, on montre. Le grain de l’image, l’espace de travail visible, la date précise inscrivent cette évocation dans quelque chose de tangible, bien loin d’une nostalgie stylisée.

Ces archives photographiques s’accompagnent de fragments d’un film, ce qui donne à la série une dimension narrative que les seules images fixes n’auraient pas permis. Le montage de ces matériaux, dans leur hétérogénéité, traduit une vision de Milan qui n’est ni touristique ni abstraite.

Giorgio Armani convoque Scorsese et Milan pour raconter ses origines

Scorsese dans l’équation

Giorgio Armani et Martin Scorsese ont travaillé ensemble en 1990 sur un film intitulé Made in Milan. C’est de ce projet que proviennent les extraits intégrés dans secondo Armani. Faire revenir ces images trente-six ans après leur tournage n’est pas un geste purement mémoriel : c’est affirmer que ce film, réalisé à Milan, appartient à la matière même dont la maison est faite.

La collaboration avec un cinéaste de cette envergure, à cette période, dit aussi quelque chose sur la façon dont Giorgio Armani a toujours pensé son travail au-delà du seul vêtement. Le retour de ces fragments dans la série éditoriale leur donne une seconde existence, cette fois dans un contexte de réflexion sur la ville plutôt que de simple diffusion.

Une série qui s’inscrit dans la durée

Secondo Armani est conçue comme un projet continu, sans terme annoncé. Chaque volet explore un aspect de la sensibilité et de l’univers culturel de Giorgio Armani, Milan étant le deuxième thème abordé. Ce format sériel, qui accumule les angles sans les clore, permet à la maison de déployer une réflexion sur elle-même qui échappe au calendrier des collections.

Giorgio Armani convoque Scorsese et Milan pour raconter ses origines

Ce que ce projet révèle, au fond, c’est que pour Giorgio Armani, raconter sa maison revient à raconter une ville. Milan n’est pas le cadre de l’histoire, elle en est le matériau, au même titre que les archives photographiques ou les images de Scorsese. C’est cette équivalence entre lieu et création qui donne à secondo Armani une cohérence que les hommages plus convenus n’atteignent pas.

Source : la publication de Giorgio Armani sur Instagram

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