Alessandro Michele signe chez Valentino une collection aux silhouettes inédites
Quand une maison de couture choisit de nommer sa collection printemps-été 2027 Antibiblioteca, le mot lui-même devient un programme. Valentino pose avec cette nouvelle proposition un geste qui dépasse le simple renouvellement saisonnier : il s’agit de construire un espace mental autant qu’un vestiaire.
Un titre qui dit tout sur l’intention
Le mot « antibiblioteca » ne désigne pas une collection rangée, classifiée, ordonnée comme on ordonne des volumes sur une étagère. C’est précisément l’inverse que revendique Alessandro Michele à travers ce projet. Le directeur artistique de Valentino, en poste depuis 2024, propose un réservoir, c’est-à-dire un lieu de stockage vivant, non encore épuisé, où les formes coexistent sans hiérarchie.
Ce que la présentation officielle précise mérite d’être retenu : certaines des propositions rassemblées ici n’ont jamais été pleinement réalisées auparavant. Ce n’est pas une réinterprétation d’archives ni un retour sur des silhouettes déjà connues. C’est, au sens propre, du territoire vierge que la maison traverse pour la première fois.
Or cette déclaration engage davantage que la seule saison à venir. Elle dit quelque chose sur la façon dont Michele conçoit son rôle : non pas comme l’exécuteur d’un style figé, mais comme l’explorateur d’un potentiel encore ouvert.

Des silhouettes pensées comme un espace d’imagination
La collection Antibiblioteca se présente comme un répertoire de formes, de silhouettes et de sensibilités. Ces trois termes, mis bout à bout, dessinent une méthode. Les formes renvoient à la construction du vêtement, à son volume, à la façon dont il occupe l’espace. Les silhouettes impliquent la relation au corps, la proportion, ce que la pièce dit de celle ou celui qui la porte. Les sensibilités, enfin, ouvrent vers quelque chose de moins tangible : une humeur, une tonalité, une façon d’être présent.
Réunir ces trois dimensions dans une même collection suppose une cohérence qui ne soit pas celle de la répétition. Ce que Valentino construit ici ressemble moins à une ligne éditoriale close qu’à un champ de possibles. La maison ne livre pas une réponse définitive sur ce que sera le vestiaire du printemps-été 2027. Elle ouvre plutôt plusieurs directions simultanément, à charge pour le regard de s’y retrouver.

Le regard de Richielee Davis sur la collection
Pour donner corps à cet espace imaginaire, Valentino a confié les photographies à Richielee Davis. Ce choix n’est pas anodin dans la manière dont une collection prend forme avant même d’être portée. Ce que l’on voit en premier d’une collection, c’est presque toujours ce qu’un photographe en a retenu.
Le travail de Davis ne se réduit donc pas à une mise en image de pièces existantes. Il participe à la construction du sens que prend Antibiblioteca dans l’espace public. La collection naît aussi dans ce regard extérieur qui la traduit, la cadre, lui donne une lumière et un rythme propres.
Ce duo entre le directeur artistique et le photographe constitue, pour cette saison, le filtre par lequel passe la vision de Valentino. Ensemble, ils proposent non pas un catalogue de pièces à acquérir, mais une invitation à habiter un territoire autrement.

Ce que cette collection révèle du moment que traverse Valentino
Valentino est une maison italienne fondée à Rome en 1960, aujourd’hui propriété de la famille princière du Qatar depuis 2012, et dont Kering a acquis 30 % du capital en 2023. Jacopo Venturini en assure la direction générale depuis 2020. C’est dans ce cadre de gouvernance précis qu’Alessandro Michele a pris la direction artistique en 2024.
Avec Antibiblioteca, Michele signe sa troisième saison à ce poste pour le printemps-été 2027. Ce que cette collection dit, c’est qu’il choisit de ne pas installer un style immédiatement reconnaissable, fermé sur lui-même. Il préfère tracer un espace plus large, moins résolu, où la maison peut avancer sans s’enfermer dans une formule. C’est une posture créative qui demande une certaine confiance, de la part de la maison comme du regard qui la regarde.
Ce territoire imaginaire que Valentino ouvre avec cette collection printemps-été 2027 n’est pas un lieu d’hésitation. C’est, à l’inverse, une façon d’affirmer que les possibles non encore réalisés valent autant que ceux déjà accomplis.
Source : la publication de Valentino sur Instagram