Passerini, Dilia, Racines : les meilleurs restaurants de pâtes à Paris où la pasta se mange al dente
La pasta a une histoire bien plus ancienne que ne le laisse croire la légende de Marco Polo. Et en 2026, les restaurants de pâtes à Paris n’ont jamais proposé une scène aussi riche, des trattorias de quartier aux tables de grand luxe. Voici les adresses qui méritent vraiment le détour.
Ce que révèle l’histoire de la pasta avant d’entrer dans un restaurant
Avant de choisir sa table, il est utile de savoir d’où vient vraiment ce plat. Le plus vieux livre de recettes connu, un traité culinaire mésopotamien daté de 1700 av. J.-C., atteste déjà de pâtes à base de farine de blé et d’eau. Par ailleurs, un plat de nouilles de millet vieux de plus de 4 000 ans a été découvert en Chine en 2005. Ainsi, la pasta n’appartient à aucun pays en particulier. Ce sont les Arabes qui auraient inventé les pâtes sèches, puis les ont introduites en Italie lors de leur arrivée en Sicile au IXe siècle. Car conserver des pâtes séchées s’avérait bien plus pratique dans un pays désertique. L’histoire, donc, est complexe. Mais elle rend encore plus savoureux chaque assiette de pasta servie dans un bon restaurant.
Les adresses qui misent sur la pasta maison et les produits bruts
Parmi les restaurants de pâtes à Paris les plus sérieux, Passerini (65 rue Traversière, 12e) s’impose comme une référence absolue. Giovanni Passerini, chef romain, travaille dans une trattoria moderniste avec sol en terrazzo et murs blancs. Il propose des tagliatelles au ragoût de canard et des raviolis ricotta-épinards au beurre de sauge, tous faits maison. L’addition est à la hauteur de l’émotion.
Dans le 10e arrondissement, Mulino Mulè (25 rue Sainte-Marthe) pousse la logique encore plus loin. Ce restaurant de 18 couverts seulement importe des blés anciens d’Italie, les moud sur place, puis façonne ses pâtes dans la foulée. Les fusillis à la sauce tomate et saucisse sicilienne restent simples, car l’essentiel est dans la matière première. De même, Osteria Ferrara (7 rue du Dahomey, 11e) travaille avec ce même soin maniaque depuis 2016. Le chef sicilien Fabrizio Ferrara s’inspire de son enfance en milieu rural pour proposer des spaghettoni aux sardines, pignons et raisins secs, ou encore aux moules et palourdes.
Chez Fellows (84 rue du Faubourg-Saint-Denis, 10e), Mehdi Favri et son équipe font le choix d’une pasta entièrement végétale. Les sauces ne contiennent aucun produit animal. Les recettes revisitent les classiques italiens, comme la bolognaise de champignons ou la poutargue de jaune d’oeuf. Ce décor de diner américain surprend, pourtant il n’y a pas de burger ici, seulement des pâtes de saison.
Trattorias chics et ambiances qui font le voyage
Certains restaurants de pâtes à Paris séduisent autant par leur décor que par leurs assiettes. Carboni’s (45 rue de Poitou, 3e) en est l’exemple parfait dans le Marais. Sabrina Goldin et Stéphane Abby ont créé une trattoria à boiseries, tomettes et tables marbrées. Les spaghettis chitarra all’amatriciana au guanciale et pecorino valent le déplacement. Un bar au sous-sol propose des vins nature et des cocktails pour prolonger la soirée.
Du côté des Champs-Elysées, Zeffirino (9 rue Marbeuf, 8e) représente la version parisienne d’une institution génoise de la pasta. Le ristorante affiche ses serveurs en spencer blanc, son service au guéridon et sa décoration à miroirs et velours. On y prépare des trofie au pesto à la génoise devant les convives, dans un mortier en marbre. Les maniche alla carbonara se saucent directement dans le plat.
Dans le 6e arrondissement, Localino (10 rue de l’Odéon) a su imprimer sa marque rapidement. Rodaa Studio, le cabinet qui a aussi signé Cloche, y a installé un îlot central en marbre rouge autour duquel surveiller la cuisson des pâtes. Le chef Mario Iannone signe des maccheroni nappés d’un ragù bianco de volaille et veau, net et précis.
Les tables de quartier qui touchent droit au coeur
Tous les restaurants de pâtes à Paris dignes de ce nom ne sont pas forcément grands ou tapageurs. Dilia (1 rue d’Eupatoria, 20e) en est la preuve. Cette petite salle biscornue nichée sur une placette à l’ombre d’une église à Ménilmontant accueille le chef toscan Michele Farnesi. Ses tortellinis à la brandade montrent un équilibre rare entre douceur et précision.
Dans le 9e arrondissement, Scarpetta (72 rue Marguerite-de-Rochechouart) porte bien son nom, qui signifie « saucer » en italien. Fabien Lombardi, déjà connu pour Faggio, propose rigatoni all’amatriciana, paccheri à la morue et orecchiettes à la saucisse et au broccoli dans un cadre classique à briques grattées et nappes blanches.
Près de Palais-Royal, Lotta (8 rue Jean-Jacques Rousseau, 1er) installe Zoumana Meïté dans un beau triplex à décoration 70’s. Ce chef itinérant, autrefois habitué des dîners privés, propose des antipasti soignés et des pâtes très réussies. Certains plats, proches de la brasserie française, ne sont disponibles qu’en format à partager, donc il vaut mieux venir à deux.
- Racines – 8 passage des Panoramas, Paris 2e : chef sarde Simone Tondo, raviolis à la ricotta et tiramisu d’anthologie dans un cadre façon passage milanais.
- Kitchen Ter(re) – 26 boulevard Saint-Germain, Paris 5e : troisième adresse du chef William Ledeuil, avec des pâtes à base de blés anciens du meunier Roland Feuillas.
- Dilia – 1 rue d’Eupatoria, Paris 20e : chef toscan Michele Farnesi, tortellinis à la brandade dans un cadre cocon à Ménilmontant.
- Mulino Mulè – 25 rue Sainte-Marthe, Paris 10e : moulin urbain de 18 couverts, blés anciens importés d’Italie, pâtes fabriquées sur place.
- Osteria Ferrara – 7 rue du Dahomey, Paris 11e : ouvert depuis 2016, cuisine inspirée de l’agroturismo familial du chef sicilien Fabrizio Ferrara.
Le luxe de la pasta : quand la gastronomie entre dans la danse
Parmi les restaurants de pâtes à Paris qui jouent dans une autre catégorie, Il Ristorante de Niko Romito (30 avenue George-V, 8e) retient toute l’attention. Ce chef a décroché trois étoiles dans les Abruzzes avec son restaurant Reale. A Paris, dans une salle de 50 couverts à l’hôtel Bulgari, il propose une carte faussement simple : spaghetti pomodoro, lasagne mijotée, tagliata de boeuf au romarin, tiramisu. Chaque plat, en réalité, cache un travail de précision rare.
A Kitchen Ter(re) (26 boulevard Saint-Germain, 5e), le chef William Ledeuil propose une vision plus fusion de la pasta. Les pâtes de Roland Feuillas, élaborées à partir de céréales ou blés anciens, portent des noms francisés comme « girolettes » ou « dentelles de Cucugnan ». Les amateurs de pasta attirés par des influences méditerranéennes et d’Asie du Sud-Est trouveront ici une table singulière. De son côté, Racines (8 passage des Panoramas, 2e) reste la plus parisienne des osterias italiennes. Le chef sarde Simone Tondo revisite les plats de sa grand-mère dans un décor zinc et bois qui rappelle Turin. Les raviolis à la ricotta coiffés d’une saucisse charnue, le velours de vitello tonnato et un tiramisu d’anthologie forment un trio qu’on redemande. Les restaurants de pâtes à Paris ne manquent donc pas de caractère, quel que soit le budget ou le quartier visé.